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EU.rope

l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Qui a peur des Eurocrates ? | 07 octobre 2006


Photo : AP




"L'Eurocratie", i.e. la bureaucratie de Bruxelles, est sous le feu des critiques. Rien de nouveau me direz-vous... Un "noniste" qui revient à la charge ?

Or il s'agit en l'occurrence de Günter Verheugen, Commissaire allemand en charge de l'industrie et Vice-Président de la Commission. Dans un entretien accordé au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung cette semaine, il déclare que "l'évolution de ces dix dernières années a donné tellement de pouvoirs aux fonctionnaires que le devoir politique le plus important des 25 commissaires est devenu le contrôle de cet appareil". Il ajoute qu'il "existe une lutte de pouvoir permanente entre les commissaires et les hauts fonctionnaires. Certains d'entre eux se disent : le commissaire s'en va au bout de cinq ans, il n'est donc que le deuxième occupant de la maison, tandis que moi je reste là".

Le plus surprenant dans ces déclarations n'est pas la révélation de ces luttes de pouvoir intestines - qui ne sauraient étonner celui qui connaît le fonctionnement des administrations nationales - mais le fait qu'elles soient dénoncées au grand jour par un commissaire.

C'est le raisonnement que tient en tout cas la Commissaire luxembourgeoise chargée des télécommunications, Viviane Reding. Sur son blog, Jean Quatremer rapporte la réplique de Reding à son collègue : "Je suis étonnée que Verheugen parle de ses difficultés avec son équipe en public de cette manière (...). Nous pouvons toujours avoir des controverses avec nos fonctionnaires. Toutefois, dans mon département, nous les résolvons toujours en interne".

Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles du journal Libération, souligne que cette double-critique publique révèle un certain disfonctionnement au sein de la Commission, dans la mesure où un tel débat devrait se tenir entre les quatre murs de la salle de réunion du collège des commissaires.

Mais au-delà, ces controverses démontrent que la Commission est devenue un véritable lieu de pouvoir, au fonctionnement proche de celui des Gouvernements nationaux. Les Commissaires souffrent néanmoins d'une faiblesse vis-à-vis de leurs homologues nationaux : la légitimité politique. C'est en effet la légitimité politique qui permet de distinguer le "chef temporaire" d'une administration (le Commissaire ou le Ministre) du directeur général, le premier étant chargé de l'impulsion politique tandis que le second lui apporte une connaissance technique et pratique supplémentaire.

Prenons garde néanmoins à ne pas tomber dans les travers des gouvernements nationaux, composés de ministres qui sont souvent totalement incompétents dans le domaine qui leur est attribué. La Commission Barroso ressemble à cet égard un peu trop à un gouvernement national...



Who's afraid of the Eurocrats?

Eurocrats are being critiziced. Again. Who is attacking this time? A late opponent of the draft EU constitution?

In fact this time the criticism comes from Günter Verheugen, European commission vice president responsible for the industry portfolio. In an interview this week with the German daily Süddeutsche Zeitung, he observed that "the evolution of the last 10 years has given such power to the bureaucrats that the main political task of the 25 Commissioners has become the control of this apparatus". He adds that "there is a permanent struggle for power between commissioners and high-ranking bureaucrats. Some of them think: the Commissioner leaves after 5 years so he's only the housekeeper whereas I'm the one staying here".

What is most surprising may not be such power struggles being revealed. They wouldn't surprise anyone who knows how national administrations work. No, what seems curious is the fact that a Commissioner chooses to talk openly about it.

Viviane Reding, Commissioner in charge of the telecommunications portfolio, also thinks of it as being curious. Her comments are quoted on his blog by Jean Quatremer: "I am surprised that Verheugen talks about his difficulties with his team in public (...). Of course there can be controversies with the bureaucrats. However, in my department, we always find solutions internally".

Jean Quatremer, correspondent in Brussels for French daily Liberation, considers this exchange between the two Commissioners as a proof of a dysfunction within the Commission. Such a debate should rather take place inside the walls of the Commission meeting room.

These controversies prove that the Commission has become a real powerhouse, which functions much like national Governments. Commissioners however suffer from a crucial weakness, compared to their national counterparts: the lack of political legitimacy. It is indeed political legitimacy that discriminates between the temporary chief of an administration (the Commissioner or the Minister) and the head of cabinet. The former is in charge of giving political impetus while the latter brings him technical knowledge.

Yet let's make sure that the EU Commission does not make the same mistake often made by national Governments, composed of Ministers that know nothing of the area they are in charge of. In this respect, the Barroso Commission does look a little too much like a national Government...


Publié par floe26 à 11:22:53 dans Actualité | Commentaires (3) |