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EU.rope

l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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UE - Russie: viandes et poison au menu uniquement | 26 novembre 2006


Photo: eu2006.fi




Il ne fallait pas attendre grand-chose du sommet UE-Russie qui se tenait ce vendredi à Helsinki. Le blocage polonais empêchait en effet l'UE de négocier un nouvel accord de partenariat et de coopération avec la Russie. Le précédent avait été signé en 1997 et devait s'étendre sur 10 ans.

Du côté européen, un nouvel accord avec la Russie est perçu comme un moyen de surmonter les désaccords récents entre les deux parties. Mais les Polonais voient les choses autrement : très méfiants vis-à-vis des Russes et vexés par l'embargo russe sur leurs produits agroalimentaires, ils refusent de donner leur soutien à la négociation d'un nouvel accord de partenariat et de coopération.

En agissant de la sorte, les jumeaux Kaczynski fragilisent le camp européen et renforcent a contrario le Président russe. Ce dernier, naturellement, ne s'est pas privé de stigmatiser "l'égoïsme national polonais" à Helsinki. Il a refusé de revenir sur l'embargo posé sur les viandes polonaises, pourtant dénoncé comme "disproportionné" par Barroso qui avait envoyé en mission les services vétérinaires de l'Union.

Le sommet d'Helsinki a donc surtout permis à Poutine de qualifier les agitations autour de l'empoisonnement de l'ancien espion russe Alexander Litvinenko de "provocation politique sans lien avec la réalité" et de dénoncer la tentation d'appliquer à la Russie les critères européens en matière énergétique, précisant que Gazprom "conservera son intégrité" et que cette question "relève de la compétence nationale de la Fédération de Russie".

Quelle position adopter alors face à la Russie ? Face aux difficultés posées par la négociation d'un nouvel accord de partenariat, The Economist propose une solution plus aisée. En attendant de meilleures conditions politiques (Vladimir Poutine doit théoriquement quitter le pouvoir en 2008), il suffit d'étendre la validité du précédent accord de partenariat. Chose aisée, puisque celui-ci reste valable tant que l'une des deux parties ne le dénonce pas. L'ambiguïté certes demeurerait, mais elle reflète l'état des relations entre les deux camps, souligne The Economist.



EU and Russia: meat and poison for lunch

Not much had to be expected from the EU-Russia summit that took place this Friday in Helsinki. Because of Polish veto, the EU was in no position to negotiate a new partnership agreement with Russia. The previous agreement was signed in 1997 and had a ten-year life.

On the European side, a new partnership agreement is seen as a means to overcome recent troubles with Russia. But Poles see things differently. They are very wary of Russians and they do not accept Moscow's export ban put on their meats and thus decided to withhold support for a new partnership agreement.

The behaviour of the Kaczynski twins threatens the EU credibility and strengthens Mr Putin in the same time. Mr Putin naturally jumped on the occasion to condemn Polish "national egoism". He refused to back down on the Polish meat export ban, even though Mr Barroso himself considers it as being "disproportionate" after he sent a veterinary team to check out the situation in Poland.

The Helsinki summit mainly gave the occasion to Mr Putin to denounce talks around the death of Alexander Litvinenko as being "political scandals, which have nothing to do with reality". On energy, he also deplored that European try to apply their own standards to Russia and explained that Gazprom will "preserve its integrity" and that "this is purely national competence of the Russian federation, nobody can take this decision for us".

So what position should the EU take toward Russia? After evaluating the difficulties of signing a new partnership agreement, The Economist presents an easier solution. Until more favourable political conditions emerge (Mr Putin is supposed to step down in 2008), EU and Russia can extend the current partnership. Easy course since such an extension happens automatically unless one side pulls out. Ambiguity would remain. But it truly reflects how the two partners feel about each other, The Economist points out.

Publié par floe26 à 16:41:25 dans Actualité | Commentaires (1) |

L'€uro, je t'aime, moi non plus | 19 novembre 2006



Certains le désirent mais n'arrivent pas à l'approcher. D'autres partagent avec lui une relation plutôt intime mais aiment à le critiquer. Pendant ce temps, lui continue son petit bonhomme de chemin, séduisant au-delà des frontières européennes les amants éconduits du dollar.

Les Slovènes, après bien des efforts, se réjouissent de le rencontrer mais les valeureux Lituaniens lui reprochent encore son intransigeance. Les hommes politiques français le trouvent trop fort et devant le jury populaire, l'accuse de tous les maux. Le gouvernement polonais, timide et indécis, évite la confrontation et se réfugie derrière le temps et l'opinion publique. Les Allemands se montrent conciliants dans la vie commune, tandis que les Espagnols lui sont jusqu'alors plutôt reconnaissants.

A dire vrai, la vie de l'Euro ressemble à celle d'une icône populaire, enviée par tous, admirée par beaucoup mais jalousement méprisée par les plus bruyants.



Living with the Euro

Some feel attracted but cannot manage to get closer. Others share with him an intimate relationship but still happen to criticize him from time to time. All that time, he keeps going his way, seducing beyond European borders turned away lovers of the dollar.

Slovenians, after much effort, are looking forward meeting him. Brave Lithuanians reproach him for his intransigence. French politicians find him too strong and held him responsible for anything and everything. Polish Government, shy and uncertain, avoids confrontation and hides behind the clock. Germans prove to be understanding, whereas Spaniards feel grateful.

When you think about it, Euro's life looks like one of a popular icon, envied by all, admired by many but jealously disregarded by the noisy ones.

Publié par floe26 à 18:19:01 dans Opinions | Commentaires (2) |

La "capacité d'absorption de l'UE" : un concept facile et trompeur | 11 novembre 2006



Depuis quelques mois, il n'est quasiment pas d'articles portant sur l'élargissement de l'UE qui n'évoque "la capacité d'absorption" de l'UE. Dans la majorité des cas, le recours à ce concept vise à expliquer que l'UE sera bientôt incapable d'accueillir de nouveaux membres. Visée : la Turquie.

Cette notion de "capacité d'absorption de l'UE" pose problème car elle est floue. Pour certains, c'est au contraire un avantage. Très flexible, l'idée d'une capacité d'absorption est utilisée par chacun selon ses propres convictions : souvent elle ferme la porte à la Turquie ou à ses voisins à l'Est, parfois elle critique l'élargissement à 25 puis 27. De fait, elle n'est jamais définie.

L'expression "capacité d'absorption de l'UE" est vide de sens car trop générale. Il faudrait parler de la capacité d'absorption des institutions actuelles. La notion de capacité d'absorption est en effet nécessairement contingente, temporaire, liée aux structures en place.

Il est légitime de considérer que les institutions actuelles ne permettent pas un élargissement fonctionnel. La Commission symbolise cet obstacle, car elle ne peut fonctionner efficacement à 27, encore moins à 28 ou plus.

Mais les institutions ne sont pas intangibles et l'UE ne se définit pas par un cadre permanent mais au contraire, par une vocation à l'adaptation de ses structures à l'évolution du nombre de ses membres. Les institutions actuelles peuvent - et doivent - être modifiées afin d'accueillir de nouveaux Etats-membres tout en préservant leur efficacité et leur fonctionnalité.

L'expression "capacité d'absorption de l'UE" est donc trompeuse en ceci qu'elle laisse accroire que cette "capacité d'absorption" serait permanente, inhérente à la nature même de l'UE. La capacité d'absorption de l'UE est en réalité infinie, pouvant s'élargir à mesure que les institutions s'adaptent.

Ne nous cachons donc pas derrière des concepts techniques fumeux mais admettons que la question de l'élargissement est belle et bien de nature politique, voire même philosophique.



"Absorption capacity": a tricky idea

For the last few months, no article about EU enlargement has failed to mention the "absorption capacity of the EU". In most cases, the idea is being used for explaining that the EU will soon be unable to welcome any new members. What is the target here? Turkey.

The notion of "EU absorption capacity" raises question because nobody is clear about what it means. Many see that as an advantage. Very flexible, the idea of "absorption capacity" is used depending on what the writer thinks: often it closes the door to Turkey or its Eastern neighbours, sometimes it criticizes the enlargement of 2004 and/or 2007. But "absorption capacity" is never defined.

In fact, it does not mean anything because it is too general. One should rather talk about the absorption capacity of current EU institutions. The notion of "absorption capacity" is indeed always contingent, temporary and defined by the structures in place.

It is legitimate to think that current EU institutions cannot effectively survive further enlargement. The Commission embodies such difficulties: it cannot work efficiently with 27 Commissioners. Of course, 28 Commissioners or more would not help.

But the EU institutions are not intangible. The EU does not function within a permanent body. On the contrary, its structures are constantly adapted to political evolutions, and specifically to the quantity of member States. And now, current institutions should be modified in order to welcome new members while staying efficient.

Therefore talking about "EU absorption capacity" is tricky because it makes you think that this absorption capacity is permanent, inherent in the EU very nature. The EU absorption capacity is in fact infinite since it can grow as the institutions are constantly adapted to that growth.

So let's not hide behind woolly technical concepts and let's admit that EU enlargement is first and foremost a matter of politics, or maybe even a question of philosophy.


Publié par floe26 à 21:54:19 dans Opinions | Commentaires (2) |

La "dératification" du traité établissant une Constitution pour l'Europe | 05 novembre 2006


Photo: LeMonde.fr



Depuis mai 2005, date à laquelle les deux chambres du Parlement allemand avaient très largement (569 voix sur 603) voté pour la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe (TECE), l'Allemagne comptait parmi les pays ayant ratifié le TECE. Or, techniquement, l'Allemagne n'aurait pas due être comptée parmi ces 15 pays apprend t-on aujourd'hui.

Un député de la CSU, Peter Gauweiler, avait en effet saisi la Cour constitutionnelle allemande, arguant du fait que le TECE portait atteinte aux pouvoirs du Parlement allemand. Le Président de la République fédérale, Horst Köhler, avait alors décidé de ne pas signer le texte de ratification tant que la Cour ne s'était pas prononcé.

Elle vient de le faire, ou du moins à moitié. Mercredi 1er Novembre, la Cour constitutionnelle allemande a annoncé qu'elle ne prendrait pas de décision tant que les débats sur l'avenir du traité seront en cours. Selon Siegfried Bross, rapporteur à la Cour de Karlsruhe, une décision "pourrait mettre la Cour dans une position où elle participerait activement à définir le processus constitutionnel européen, ce qui serait incompatible avec sa compétence de statuer en dernière instance". Il ajoute, selon le quotidien allemand Die Welt, que cette question ne revêt pas aujourd'hui un caractère urgent et ne constitue pas pour l'instant une priorité.

Les mots sont durs pour Angela Merkel, qui cherchait à relancer le débat sur traité constitutionnel et comptait sur la présidence allemande au premier semestre 2007 pour donner une nouvelle impulsion politique. Mais l'Allemagne devra donc tenter de relancer un texte qu'elle n'a elle-même pas ratifié.

Après le non français et néerlandais mettant un frein au mouvement de ratification, on assiste désormais à un nouveau processus, la "dératification" du traité constitutionnel...



And now, the draft EU Constitution is being "disratified"


Since May 2005, when the two houses of the German Parliament overwhelmingly (569 of 603 votes) voted to ratify the draft EU Constitution, Germany was being counted among countries which had it ratified. Yet, we learnt today that technically, Germany should not have been counted among these 15 countries.

Centre-right MP Peter Gauweiler filed a legal complaint to the German constitutional court, arguing that the draft EU Constitution was taking too much power from the German Parliament. President Horst Köhler then decided not to sign off the ratification law until the court had taken a decision.

The court just took a decision. Well, almost. On November 1st, the court announced that it would not rule on the EU charter until after debates about its fate come to a solution. German constitutional judge, Siegfried Bross, explained that a decision "would put the Court in a position where it would take an active part in the European constitutional process, which is not compatible with the mission of a supreme court". He added, according to German daily Die Welt, that the issue is not urgent and currently not a priority.

It is a setback for Angela Merkel, who is trying to put the EU Constitution back on top of the agenda and was hoping for the German presidency next semester to give fresh impetus to the project. So now Germany will have to defend a text it has itself not ratified.

After French and Dutch voters said no and iced the constitutional process, here starts a new movement: the EU draft Constitution is now being "disratified"...

Publié par floe26 à 23:26:39 dans Actualité | Commentaires (2) |

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