Dans son
édition du 29 Novembre, le
Washington Post détaille le projet de rapport de la
commission temporaire du Parlement européen sur l'utilisation alléguée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers. Le projet, qui n'est pas disponible sur le site du Parlement européen, conclut que 11 Etats européens, notamment la Grande Bretagne, la Pologne et l'Allemagne, étaient au courant de l'existence de prisons secrètes gérées par la CIA sur le sol européen. Il critique en outre Javier Solana, ancien Secrétaire général de l'OTAN et actuel Haut Représentant pour la politique étrangère de l'UE, ainsi que le coordinateur de la lutte anti-terroriste Gijs de Vries, tous deux accusés d'omissions lors de leurs entretiens avec le comité.
L'article du
Washington Post relate l'entretien mené la semaine dernière par le comité temporaire avec Mariola Przewlocka, ancienne directrice de l'aéroport de Szymany, au Nord-Est polonais. Celle-ci a expliqué qu'entre 2002 et 2003, au moins six atterrissages inconnus ont eu lieu sur l'aéroport, payés par des individus parlant parfaitement le polonais mais discutant en privé en anglais. Les vols venaient de destinations lointaines, telles que l'Afghanistan. Le projet de rapport de la commission temporaire évoque des présomptions sérieuses sur l'utilisation d'une prison secrète par la CIA au sein d'un centre des services secrets polonais situé à proximité, à Stare Kiejkuty.
La CIA n'a pas commenté ces conclusions, tandis que le Gouvernement polonais continue de nier avoir autorisé celle-ci à utiliser son territoire à de telles fins. Le comité temporaire accuse le Gouvernement polonais, qui ne sait plus comment se faire remarquer, d'entraver son enquête.
Pour plus de détails, consultez la presse américaine (
Washington Post, 29/11, "European Report Details Flights By CIA Aircraft",
New York Times, 29/11, "Report Rejects European Denial of C.I.A. Activity"), plus diserte à ce sujet que la presse française (
Le Monde, 28/11, "Vols de la CIA : la plupart des pays européens savaient",
L'Humanité, 01/12, "Vols secrets de la CIA : des Européens bel et bien complices"), qui souligne que ces conclusions restent plus suspicieuses que catégoriques.
Certes. Quoi qu'il en soit, c'est une affaire à suivre...
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