Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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Sur le referendum de Mai 2005
"Cabrement de la Nation", selon Pierre Moscovici qui présente ainsi le résultat : "le Oui était nécessaire mais le Non était logique".
Pour Florence Chaltiel, le référendum peut s'analyser comme le "rite initiatique de la démocratie européenne", consacrant l'entrée de l'Europe sur la place publique, après la première immixtion de 1992. Pour la première fois, l'Europe devenait un débat du café du commerce.
Néanmoins, deux ans après, Jean-Luc Bennhamias relève que, face au 55% qui ont voté non au traité constitutionnel, les trois principaux candidats à l'élection présidentielle, représentant près de 75% des intentions de vote, s'étaient tous prononcé en faveur du oui.
Sur le traité constitutionnel
Pour Pierre Moscovici, la Constitution est caduque. Mais le mini-traité, ou "cherry-picking" proposé par Sarkozy, est "débile", contraire aux désirs des 18 pays ayant déjà approuvé le traité constitutionnel et cadeau offert aux "non silencieux" (Pologne, République tchèque, Grande-Bretagne).
Sur la campagne présidentielle
Selon Pierre Moscovici, la campagne présentait deux risques pour l'Europe : l'escamotage et la caricature. Résultat : on a les deux. Néanmoins, Florence Chaltiel tente d'atténuer le pessimisme ambiant en soulignant que l'Europe est tout de même bien plus présente dans la campagne qu'en 2002 par exemple.
Sur la France dans l'Europe
Pierre Moscovici met en avant la chute de l'influence française sur la scène européenne. Au Parlement européen notamment, où il occupe le poste de Vice-Président, il constate la faiblesse française née de l'éclatement de la représentation française. [Mais n'est-ce pas là un bon signe pour le Parlement europén ?] A la Commission, Pierre Moscovici souligne la faible influence de Jacques Barrot au regard de son prédécesseur au même poste, Pascal Lamy. Enfin, il insiste sur l'absence de projet français pour l'Europe, à l'inverse de la Grande-Bretagne ou l'Espagne par exemple.
Sur le Parlement européen
"Institution fascinante" pour Paul Magnette, qui a priori ne devrait pas marcher étant donné sa complexité, et qui pourtant, fonctionne plutôt bien, grâce notamment à un noyau dur de passionnés. Les différents députés européens présents ont tous insisté sur l'efficacité du Parlement, présenté comme l'institution qui monte, comme le point positif d'une Europe qui tourne au ralenti.
Sur le siège du Parlement européen
Dans 20 ans, le Parlement européen ne sera plus à Strasbourg, annonce Pierre Moscovici. Toutefois, il importera alors de préserver le symbole de la réconciliation franco-allemande en offrant une compensation à Strasbourg, qui pourrait prendre la forme d'une grande université européenne, explique Jean-Luc Bennhamias (eurodéputé Vert), reprenant ainsi la proposition de l'eurodéputé polonais Bronislaw Geremeck.
Au contraire, Benoît Hamon et Claire Gibault, députés européens (PSE et ADLE respectivement) se montrent attachés à la présence du Parlement à Strasbourg, malgré les coûts engendrés par les migrations mensuelles et les difficultés d'accès. Claire Gibault compare la symbolique du Parlement à Strasbourg au multilinguisme : une source de complexité mais une richesse indiscutable et indispensable de l'Union.
Sur la Commission européenne
La Commission actuelle n'a pas été épargnée par les critiques :
"Faible et présidentialisée" selon Pierre Moscovici, elle souffre de la qualité relative de ses membres : Alfred Grosser présente ainsi Jacques Delors comme le dernier Président de la Commission qui ait eu du courage et du caractère.
Sur l'élargissement
Pour Pierre Moscovici, la France se sent mal à l'aise, décentrée dans l'Europe actuelle. Annonçant que l'on se dirige vers une Europe à 30 ou 35, il présente la Russie comme la frontière extérieure. Toutefois, pour ce strausskhanien, l'adhésion à l'UE des pays du Maghreb est, à long terme, une perspective à ne pas exclure.
Sur le couple franco-allemand
Alfred Grosser explique qu'aujourd'hui, il n'y a pas de couple franco-allemand : Angela Merkel n'a pour l'instant pas d'interlocuteur français.
Cette dernière se montre, selon Pierre Moscovici, peu satisfaite de la campagne française dans l'ensemble. Moins attachée au franco-allemand que ses prédécesseurs, elle reproche à Nicolas Sarkozy de négliger la substance du traité constitutionnel et à Ségolène Royal de vouloir recourir à nouveau au referendum sur ce sujet.
Sur la gouvernance économique
Les propositions ont été nombreuses dans ce domaine :
Pour Michel Rocard, "l'Europe politique n'existe pas, elle a été assassinée".
Plus optimiste mais néanmoins critique, Paul Magnette présente les moyens de politiser l'Europe :
Benoît Hamon, eurodéputé (PSE) appelle de ses vœux un modèle social européen, palliant des modèles sociaux nationaux tous plus ou moins défaillants. Une proposition que Florence Chaltiel juge sans doute prétentieuse, dans la mesure où nos partenaires européens ne sont pas nécessairement disposés à accepter la volonté française d'imposer les questions sociales au niveau européen.
Sur l'Europe de la défense
Bertrand Vayssière, Maître de conférences à l'Université de Pau, annonce la "fin de l'âge de l'innoncence", "la fin de l'Europe comme puissance civile".
Jean-Sylvestre Mongrenier remet quant à lui en cause une vision trop tranchée de l'atlantisme : "une fois qu'on est membre de l'OTAN, on est d'une manière ou d'une autre atlantiste". Pour ce dernier, il faut oser la puissance, condition existentielle pour l'UE.
Et pour rire un peu
Quelques blagues relatées par Alfred Grosser :
Une blague belge : "pour faire de l'argent, achetez les Français pour ce qu'ils valent et revendez pour ce qu'ils s'estiment".
Sur la reconnaissance française envers l'Europe : "Arianne est une fusée française quand elle part, une fusée européenne quand elle rate".
Sur la science politique : "le politologue, c'est celui qui explique après ce qui devait inévitablement se passer".
Photos: moscovici.typepad.fr et Parlement européen
Publié par floe26 à 14:38:45 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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