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EU.rope

l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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1ère rencontre européenne de Grenoble | 10 mars 2007

Cette semaine s'est déroulée la 1ère rencontre européenne de Grenoble, fêtant les 50 ans des traités de Rome. Organisé en grande partie par Alp'Europe, l'association des étudiants du Master Europe de l'Institut d'Etudes Politiques, ce colloque d'un peu plus de deux jours a permis à de nombreux invités de s'exprimer sur l'Europe (les vidéos des conférences seront disponibles d'ici une dizaine de jours sur le site du colloque). Voici quelques paroles rapportées sur divers sujets.

Sur le referendum de Mai 2005

"Cabrement de la Nation", selon Pierre Moscovici qui présente ainsi le résultat : "le Oui était nécessaire mais le Non était logique".
Pour Florence Chaltiel, le référendum peut s'analyser comme le "rite initiatique de la démocratie européenne", consacrant l'entrée de l'Europe sur la place publique, après la première immixtion de 1992. Pour la première fois, l'Europe devenait un débat du café du commerce.
Néanmoins, deux ans après, Jean-Luc Bennhamias relève que, face au 55% qui ont voté non au traité constitutionnel, les trois principaux candidats à l'élection présidentielle, représentant près de 75% des intentions de vote, s'étaient tous prononcé en faveur du oui.

Sur le traité constitutionnel

Pour Pierre Moscovici, la Constitution est caduque. Mais le mini-traité, ou "cherry-picking" proposé par Sarkozy, est "débile", contraire aux désirs des 18 pays ayant déjà approuvé le traité constitutionnel et cadeau offert aux "non silencieux" (Pologne, République tchèque, Grande-Bretagne).

Sur la campagne présidentielle

Selon Pierre Moscovici, la campagne présentait deux risques pour l'Europe : l'escamotage et la caricature. Résultat : on a les deux. Néanmoins, Florence Chaltiel tente d'atténuer le pessimisme ambiant en soulignant que l'Europe est tout de même bien plus présente dans la campagne qu'en 2002 par exemple.

Sur la France dans l'Europe

Pierre Moscovici met en avant la chute de l'influence française sur la scène européenne. Au Parlement européen notamment, où il occupe le poste de Vice-Président, il constate la faiblesse française née de l'éclatement de la représentation française. [Mais n'est-ce pas là un bon signe pour le Parlement europén ?] A la Commission, Pierre Moscovici souligne la faible influence de Jacques Barrot au regard de son prédécesseur au même poste, Pascal Lamy. Enfin, il insiste sur l'absence de projet français pour l'Europe, à l'inverse de la Grande-Bretagne ou l'Espagne par exemple.

Sur le Parlement européen

"Institution fascinante" pour Paul Magnette, qui a priori ne devrait pas marcher étant donné sa complexité, et qui pourtant, fonctionne plutôt bien, grâce notamment à un noyau dur de passionnés. Les différents députés européens présents ont tous insisté sur l'efficacité du Parlement, présenté comme l'institution qui monte, comme le point positif d'une Europe qui tourne au ralenti.

Sur le siège du Parlement européen

Dans 20 ans, le Parlement européen ne sera plus à Strasbourg, annonce Pierre Moscovici. Toutefois, il importera alors de préserver le symbole de la réconciliation franco-allemande en offrant une compensation à Strasbourg, qui pourrait prendre la forme d'une grande université européenne, explique Jean-Luc Bennhamias (eurodéputé Vert), reprenant ainsi la proposition de l'eurodéputé polonais Bronislaw Geremeck.
Au contraire, Benoît Hamon et Claire Gibault, députés européens (PSE et ADLE respectivement) se montrent attachés à la présence du Parlement à Strasbourg, malgré les coûts engendrés par les migrations mensuelles et les difficultés d'accès. Claire Gibault compare la symbolique du Parlement à Strasbourg au multilinguisme : une source de complexité mais une richesse indiscutable et indispensable de l'Union.

Sur la Commission européenne

La Commission actuelle n'a pas été épargnée par les critiques :
"Faible et présidentialisée" selon Pierre Moscovici, elle souffre de la qualité relative de ses membres : Alfred Grosser présente ainsi Jacques Delors comme le dernier Président de la Commission qui ait eu du courage et du caractère.

Sur l'élargissement

Pour Pierre Moscovici, la France se sent mal à l'aise, décentrée dans l'Europe actuelle. Annonçant que l'on se dirige vers une Europe à 30 ou 35, il présente la Russie comme la frontière extérieure. Toutefois, pour ce strausskhanien, l'adhésion à l'UE des pays du Maghreb est, à long terme, une perspective à ne pas exclure.

Sur le couple franco-allemand

Alfred Grosser explique qu'aujourd'hui, il n'y a pas de couple franco-allemand : Angela Merkel n'a pour l'instant pas d'interlocuteur français.
Cette dernière se montre, selon Pierre Moscovici, peu satisfaite de la campagne française dans l'ensemble. Moins attachée au franco-allemand que ses prédécesseurs, elle reproche à Nicolas Sarkozy de négliger la substance du traité constitutionnel et à Ségolène Royal de vouloir recourir à nouveau au referendum sur ce sujet.

Sur la gouvernance économique

Les propositions ont été nombreuses dans ce domaine :

  • l'impôt européen est défendu par Pierre Moscovici (qui préconise 1% en plus sur l'impôt sur les sociétés par exemple) et Benoît Hamon
  • un SMIC européen (Pierre Moscovici)
  • l'augmentation des pouvoirs de l'Eurogroup (Pierre Moscovici, Marie-Annick Barthe, Maître de conférences en sciences économiques à Paris V).
  • l'assouplissement, voire la suppression du Pacte de stabilité et de croissance (Jerôme Creel, OFCE).
  • la capacité de l'UE à faire de l'emprunt (Benoît Hamon)
  • la prise en charge de la politique de change par le Conseil, compétence qu'il exerce théoriquement en vertu de l'article 111 du traité CE, mais qui est de fait exercée par la BCE (Benoît Hamon)
  • l'augmentation de la responsabilité de la BCE face au Parlement européen, sur le modèle américain (Benoît Hamon)

Sur l'Europe politique

Pour Michel Rocard, "l'Europe politique n'existe pas, elle a été assassinée".
Plus optimiste mais néanmoins critique, Paul Magnette présente les moyens de politiser l'Europe :

  • structurer la conscience de l'Europe
  • structurer également l'opposition à l'Europe (il manque ainsi à l'Europe une fonction tribunitienne, capable de prendre en charge les voix de l'opposition)
  • ouvrir les canaux d'expression directe des citoyens (à travers notamment le droit d'initiative civique, prévu par le traité constitutionnel)
  • européaniser les medias et les grandes forces politiques, en particulier la démocratie chrétienne et la social-démocratie, plutôt en retard dans ce domaine.

Sur l'Europe sociale

Benoît Hamon, eurodéputé (PSE) appelle de ses vœux un modèle social européen, palliant des modèles sociaux nationaux tous plus ou moins défaillants. Une proposition que Florence Chaltiel juge sans doute prétentieuse, dans la mesure où nos partenaires européens ne sont pas nécessairement disposés à accepter la volonté française d'imposer les questions sociales au niveau européen.

Sur l'Europe de la défense

Bertrand Vayssière, Maître de conférences à l'Université de Pau, annonce la "fin de l'âge de l'innoncence", "la fin de l'Europe comme puissance civile".
Jean-Sylvestre Mongrenier remet quant à lui en cause une vision trop tranchée de l'atlantisme : "une fois qu'on est membre de l'OTAN, on est d'une manière ou d'une autre atlantiste". Pour ce dernier, il faut oser la puissance, condition existentielle pour l'UE.

Et pour rire un peu

Quelques blagues relatées par Alfred Grosser :
Une blague belge : "pour faire de l'argent, achetez les Français pour ce qu'ils valent et revendez pour ce qu'ils s'estiment".
Sur la reconnaissance française envers l'Europe : "Arianne est une fusée française quand elle part, une fusée européenne quand elle rate".
Sur la science politique : "le politologue, c'est celui qui explique après ce qui devait inévitablement se passer".

Photos: moscovici.typepad.fr et Parlement européen

Publié par floe26 à 14:38:45 dans Actualité | Commentaires (0) |

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