Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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"L'Europe communautaire est un trésor, une perle fine". Lire les mots de Sylvie Goulard fait du bien. Du moins si vous êtes ce qu'on appelle un(e) "Européen(ne) convaincu(e)". Car Sylvie Goulard vient vous dire que vous avez bien raison.
Et elle le dit bien. Au fil d'un voyage avec les pères fondateurs mettant en lumière cinquante ans d'Europe, on découvre la lucidité et le franc-parler d'un Paul-Henri Spaak, la passion d'un Jean Monnet pour la cause communautaire et surtout les idées précises de la nouvelle présidente du Mouvement Européen France (qui succède à Pierre Moscovici).
Un plaidoyer pour la méthode communautaire
Défendant farouchement la méthode communautaire fondée sur le vote majoritaire, l'équilibre des "petits" et des "grands" et un système institutionnel original, l'auteur ne cache pas son scepticisme face aux "ersatz" qui s'en écartent, en particulier la méthode ouverte de coordination et la politique étrangère et de sécurité commune. En ce qui concerne la MOC, Sylvie Goulard juge que "le choix de procédures dont il est hautement probable qu'elles ne permettront pas d'arriver à un résultat rapide est scandaleux". Même constat sur la PESC : "l'efficacité est sacrifiée au maintien des prérogatives des Etats".
Se libérer de l'Etat-nation
Plus fondamentalement, le lecteur est ici invité à une remise en cause plus brutale, qui après tout se révèle séduisante : pourquoi ne pas balayer le dogme de l'Etat-nation, qui présente cette forme d'organisation politique comme la fin de l'Histoire? "A l'échelle du monde, tout se passe comme si les hommes avaient ainsi fait le choix collectif de ne pas régler les problèmes pour ne pas faire de peine aux Etats, auxquels, ils accordent, manifestement, une importance démesurée". Donnant lieu à une coopération intergouvernementale inefficace au regard des possibilités offertes par la méthode communautaire, la préservation du statu quo étatique vaut-elle vraiment la peine de renoncer à "l'émergence d'une puissance publique européenne capable de peser dans ce le monde et de faire goûter aux Européens les bénéfices de la globalisation, tout en préservant leur art de vivre" ?
Le discours en tout cas est convaincant, passionnant car riche en connaissances de la construction européenne. Centré sur l'analyse de l'attitude du coq français face à la perle européenne, il se révèle peut-être même trop exigeant dans la mesure où l'on se demande si la foi européenne dont il fait preuve sera un jour partagé par nos gouvernants et nos concitoyens.
Publié par floe26 à 21:45:11 dans Livres | Commentaires (6) | Permaliens
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