L’Europe sonne déjà à la porte
Chose promise, chose due. En ces temps de duel, prenons le pli et comparons le programme des deux finalistes de l’élection présidentielle française sur une question que d’aucuns ont trouvé bien peu présente ces derniers mois. A la réflexion, on se demande même si ces deux candidats ne sont pas ceux qui se sont montrés les plus discrets sur l’Europe. Pourtant dès leur prise de fonctions, l’Europe va venir frapper à leur porte, et même cogner très fort. Angela Merkel attend une position claire de la France et la présidence française de l’Union au deuxième semestre 2008 doit se préparer dès maintenant.
L’urgence : la réforme institutionnelleLa réforme institutionnelle s’impose comme la question centrale du moment. L’Allemagne presse pour un calendrier accéléré qui permettrait d’adopter un nouveau traité avant les prochaines élections au Parlement européen en 2009. A cet égard, la Chancelière n’a qu’une peur : un nouveau référendum français. Peur de Ségolène Royal donc, car la candidate socialiste a plusieurs fois rappelé qu’elle comptait passer par la voie référendaire pour l’adoption d’un nouveau traité, auquel elle souhaite ajouter un protocole social. Nicolas Sarkozy préfère quant à lui ce qu’il appelle un « mini-traité », c’est-à-dire un traité simplifié, qui serait adopté par la voie parlementaire.
La TurquiePour les deux candidats, la réforme institutionnelle doit passer avant de futurs élargissements. Mais sur la portée de ces derniers, les divergences apparaissent. Ou du moins, ont fini par apparaître. Car au fameux "mon opinion est celle du peuple français", Ségolène Royal a substitué l’affirmation selon laquelle elle n’est pas hostile à l’entrée de la Turquie lorsque les conditions de son adhésion seront remplies. Plus tranchée est la position de Nicolas Sarkozy : "Je veux que l’Europe ait des frontières et je m’opposerai à l’entrée de la Turquie".
Haro sur la BCELa Banque centrale européenne semble elle avoir fait l’unanimité… contre elle. Des déclarations hostiles à l’Euro fort et à la gouvernance de la BCE ont été entendues dans les deux camps. Celle-ci a du souci à se faire quant à son indépendance, même si nos partenaires européens s’en feront sans aucun doute les protecteurs. Concrètement, Nicolas Sarkozy se prononce pour une réévaluation de l’euro - dit comme ca, ca semble simple… - tandis que Ségolène Royal veut inscrire dans les statuts de la BCE l’objectif de croissance et d’emploi, ainsi que créer un gouvernement de la zone euro - rappelons qu’il existe déjà l’Eurogroup, certes doté d’une capacité d’action limitée -.
Pour plus d’infos…La liste mérité d’être continuée. Pour cela, plusieurs sites s’avèrent très utiles :
Touteleurope.fr propose une compilation de citations des deux candidats sur les questions européennes,
les Euros du village plusieurs articles sur les programmes tandis que d’autres permettent de comparer directement les propositions (
Le Monde,
Votons.info et bien d’autres sans doute).
Rendez-vous donc dimanche prochain, chère Europe, pour savoir à quelle sauce vous allez être mangée…
Photos : sarkozy.fr et france2.fr
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