Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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Un public nombreux
Première remarque : le public a été très nombreux. Dans la continuité de l'élection présidentielle, ce succès signale l'intérêt fort que suscite aujourd'hui la politique chez les Français. Certes, à Grenoble on voit souvent les mêmes têtes, mais rassembler presque 20000 personnes pendant trois jours ensoleillés dénote un pouvoir d'attraction relativement fort.
Deuxième remarque : l'Europe a été la grande absente de débats dans lesquels elle aurait eu pourtant toute sa place. J'ai eu l'occasion d'assister à quatre d'entre eux :
Trop d'Europe ?
Précisons toutefois qu'un débat entre Jean-Pierre Jouyet et Jean Peyrelevade sur l'Europe avait été originellement prévu. Son titre était révélateur : "trop d'Europe?"
Trop d'Europe, ce ne fut pas le cas pendant ces trois jours, du moins à en croire l'aperçu que j'ai pu avoir. Car sur les quatre débats auxquels j'ai assisté, deux au moins - sur l'avenir institutionnel de notre république - étaient concernés par la construction européenne. La question de l'impact de cette dernière sur les institutions et le droit public français est sans doute technique. Mais les débats eux-mêmes étaient également plutôt pointus, face à un public qui paraissait averti. Dès lors, comment expliquer cette absence ?
L'Europe fait peur, semblent penser les politiques. A cause de sa technicité d'une part, et de son aspect controversé, nettement accentué par le 29 mai 2005, d'autre part. Les deux sont sans aucun doute liés. Et la peur est assurément partagée par les politiques eux-mêmes.
L'Europe, un dossier technique
Cette impression est renforcée par le fait que les hauts fonctionnaires eux, s'en soucient. Le Conseil d'Etat a fait de ce souci l'objet de son rapport public 2007. L'ENA l'a choisi comme sujet de dissertation pour l'épreuve externe de droit public cette année ("L'emprise de la construction européenne sur le droit public français").
Au-delà de l'Europe, qui n'est déjà plus vraiment de l'international, les références externes n'ont toutefois pas été ignorées. Au contraire, les politiques n'hésitent plus à utiliser des comparaisons internationales, souvent peu flatteuses pour la France. Le modèle social nordique et notamment la flexcurité danoise, la réussite économique allemande, la démocratie américaine, autant de références éculées, auxquelles s'ajoutent d'autres plus originales, à l'instar du système carcéral canadien vanté par André Vallini.
Mais d'ores et déjà, Max Armanet et Laurent Joffrin annoncent une ouverture internationale plus marquée pour la prochaine édition : "avant tout politique et national cette année, le forum de Libération prendra en 2008 une tournure plus internationale et culturelle". La qualité du débat ne peut que gagner de ces références externes. En particulier, le poids croissant de l'Europe dans les considérations politiques nationales ne saurait être nié, au risque d'une Europe toujours moins compréhensible.
Images: Libération
Publié par floe26 à 12:29:43 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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