Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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Les avancées ne se sont pas faites attendre. Dans une interview accordée lundi au New York Times et à l'International Herald Tribune - notez les interlocuteurs -, Nicolas Sarkozy a indiqué n'avoir rien contre un retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Il a néanmoins posé deux conditions à ce retour.
Sarkozy définit les règles du jeu
Nicolas Sarkozy poursuit sa stratégie du marché/chantage. Après les préalables posés à un assouplissement de la position française vis-à-vis de la candidature européenne de la Turquie (voir billet "Quelle politique étrangère pour la France" sur ce blog), il énonce les conditions d'un retour entier de la France dans l'OTAN, dont elle absente depuis 1966.
La première condition est plutôt formelle. Le président de la République réclame en effet que des postes de responsabilité au sein de la structure militaire soient réservés à des Français. La seconde condition s'avère plus fondamentale : "Je fais d'un progrès sur l'Europe de la défense une condition à ce retour, et je demande à nos amis américains de le comprendre" a-t-il expliqué. "Une défense européenne indépendante ne constituerait pas un risque pour les Américains mais un atout" a-t-il ajouté.
La balle est aux Américains
Ce faisant, Nicolas Sarkozy met la balle dans le camp des Américains. A eux de reconsidérer leur position sur une véritable défense européenne, à laquelle ils se sont toujours opposés. Le timing n'est peut être pas mauvais : depuis quelques mois, Nicolas Sarkozy a multiplié les signes d'amitié envers les Américains. En outre, ces derniers sont dans une période où ils ne peuvent négliger leurs alliances militaires.
L'arbitre britannique
Enfin ces propos viennent confirmer l'intérêt que porte le président français à un approfondissement de l'Europe de la défense. Après avoir invité les troupes européennes au défilé du 14 juillet et avoir présenté ce sujet comme une priorité dans son discours de politique étrangère du 27 août dernier, il continue à labourer le terrain, avant la présidence française de l'Union au second semestre 2008. Car il faudra du temps, pour convaincre les Américains, certes, mais également les Britanniques et l'ensemble des pays européens soucieux de préserver la protection militaire américaine.
Ménage à trois: France, NATO and the EU
Progress has come fast. In an interview given last Monday to the New York Times and the International Herald Tribune, Nicolas Sarkozy explained he had nothing against France returning to NATO's integrated command. He however laid down two conditions for France to return.
Sarkozy sets the rules of the game
Nicolas Sarkozy chose again to blackmail his partners. Earlier this month, he opened the way to a softer stand on Turkish EU candidacy in exchange for a set of conditions he defined (see on this blog "Quelle politique étrangère pour la France"). Now he lays down the conditions for France to rejoin the military alliance's integrated command, from which France withdrew in 1966.
The first condition is pretty formal: Sarkozy wants top positions to be reserved for representatives of France. The second condition is much more important: "I would make progress on a European defence a condition for moving into the integrated command, and I am asking our American friends to understand that" said the president. "A Europe capable of defending itself independently would not be a risk for the Americans; it would be an asset" he explained.
The ball is in US' court
With this, Sarkozy puts the ball in the US' court. It is now up to them to reconsider their position on a European defence they have always vetoed. The timing might be good: for a few months, Sarkozy has been piling up signs of friendships towards his "American friends". Furthermore, the Americans are in no position to overlook their military alliances.
The referee is British
Finally, Sarkozy's conditions confirm his will to strengthen European defence policy. A few months ago, he was the first one to invite troops from all EU member states to the celebration of Bastille Day on 14 July. During his speech on foreign policy last August, he presented the topic as a top priority. Obviously he paves the way for achievements during the French EU presidency scheduled for the second semester of 2008. He will need time indeed, to convince the Americans, but also the British and all the EU countries anxious to preserve their American military protection.
Photos: OTAN.
Publié par floe26 à 16:32:55 dans Actualité | Commentaires (6) | Permaliens

Un public nombreux
Première remarque : le public a été très nombreux. Dans la continuité de l'élection présidentielle, ce succès signale l'intérêt fort que suscite aujourd'hui la politique chez les Français. Certes, à Grenoble on voit souvent les mêmes têtes, mais rassembler presque 20000 personnes pendant trois jours ensoleillés dénote un pouvoir d'attraction relativement fort.
Deuxième remarque : l'Europe a été la grande absente de débats dans lesquels elle aurait eu pourtant toute sa place. J'ai eu l'occasion d'assister à quatre d'entre eux :
Trop d'Europe ?
Précisons toutefois qu'un débat entre Jean-Pierre Jouyet et Jean Peyrelevade sur l'Europe avait été originellement prévu. Son titre était révélateur : "trop d'Europe?"
Trop d'Europe, ce ne fut pas le cas pendant ces trois jours, du moins à en croire l'aperçu que j'ai pu avoir. Car sur les quatre débats auxquels j'ai assisté, deux au moins - sur l'avenir institutionnel de notre république - étaient concernés par la construction européenne. La question de l'impact de cette dernière sur les institutions et le droit public français est sans doute technique. Mais les débats eux-mêmes étaient également plutôt pointus, face à un public qui paraissait averti. Dès lors, comment expliquer cette absence ?
L'Europe fait peur, semblent penser les politiques. A cause de sa technicité d'une part, et de son aspect controversé, nettement accentué par le 29 mai 2005, d'autre part. Les deux sont sans aucun doute liés. Et la peur est assurément partagée par les politiques eux-mêmes.
L'Europe, un dossier technique
Cette impression est renforcée par le fait que les hauts fonctionnaires eux, s'en soucient. Le Conseil d'Etat a fait de ce souci l'objet de son rapport public 2007. L'ENA l'a choisi comme sujet de dissertation pour l'épreuve externe de droit public cette année ("L'emprise de la construction européenne sur le droit public français").
Au-delà de l'Europe, qui n'est déjà plus vraiment de l'international, les références externes n'ont toutefois pas été ignorées. Au contraire, les politiques n'hésitent plus à utiliser des comparaisons internationales, souvent peu flatteuses pour la France. Le modèle social nordique et notamment la flexcurité danoise, la réussite économique allemande, la démocratie américaine, autant de références éculées, auxquelles s'ajoutent d'autres plus originales, à l'instar du système carcéral canadien vanté par André Vallini.
Mais d'ores et déjà, Max Armanet et Laurent Joffrin annoncent une ouverture internationale plus marquée pour la prochaine édition : "avant tout politique et national cette année, le forum de Libération prendra en 2008 une tournure plus internationale et culturelle". La qualité du débat ne peut que gagner de ces références externes. En particulier, le poids croissant de l'Europe dans les considérations politiques nationales ne saurait être nié, au risque d'une Europe toujours moins compréhensible.
Images: Libération
Publié par floe26 à 12:29:43 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
Concentrons nous sur le discours de Nicolas Sarkozy, destiné à fixer les grandes orientations de la diplomatie française pour les années à venir et qui se révèle à la fois complet et relativement précis. Il identifie trois défis mondiaux majeurs :
Le président de la République présente ensuite la ligne directrice de son approche en matière de politique étrangère. A cet égard, il ménage les susceptibilités tant nationales qu'européennes :Les chantiers européens
La construction de l'Europe est une priorité pour la France, explique Nicolas Sarkozy, se félicitant de son succès dans la relance du processus institutionnel tout en rendant hommage à Angela Merkel et à José Manuel Barroso. Mais alors que les travaux sur le chantier institutionnel se poursuivent - le futur traité est rédigé à 95% aux dernières nouvelles - quel sera le futur chantier européen?
Tandis que la Commission se réunit actuellement pour décider de ses actions dans les deux années à venir, Nicolas Sarkozy adopte une approche plus globale et déclare que le moment est venu de poser la question de l'avenir du projet européen. Pour y répondre, il propose la création d'un comité de dix à douze sages de très haut niveau, chargé de réfléchir à la question "quelle Europe en 2020-2030 et pour quelles missions?" et de remettre leurs conclusions et leurs propositions avant les élections européennes de juin 2009. Nicolas Sarkozy poursuit donc au niveau européen sa création de comités pluriels, à tous les sens du terme. Bientôt il ne saura plus où trouver les sages...
L'espérance ménagée de la Turquie
Le principe de ce comité a déjà été accepté par Angela Merkel. Pour appuyer ce projet, Nicolas Sarkozy n'hésite pas à recourir au chantage : il pose l'institution de ce comité comme préalable nécessaire à la poursuite des négociations avec la Turquie. A ce sujet, le président de la République décide de jouer les prolongations plutôt que le but en or : au lieu de bloquer immédiatement les pourparlers, il choisit d'entretenir "l'espérance" turque. Il explique : "sur les trente-cinq chapitres qu'il reste à ouvrir, trente sont compatibles avec l'association. Cinq ne sont compatibles qu'avec l'adhésion. J'ai dit au Premier Ministre turc : occupons-nous des trente compatibles avec l'association, on verra pour la suite". Mais l'issue finale pour Sarkozy n'a pas changé, ce sera l'association et non l'adhésion. Cependant, notons que ces négociations se poursuivront sans doute au-delà de sa présidence, fut-elle prolongée.
La présidence française : immigration, énergie et environnement
Le président de la République a également annoncé les priorités de la présidence française, au second semestre 2008 : l'immigration, l'énergie et l'environnement. Débutant dans moins de 10 mois, la présidence française de l'Union européenne se prépare déjà.
La France et l'OTAN
Mais d'ores et déjà, le président déclare vouloir travailler sur l'Europe de la Défense. Dans ce domaine, une évolution notable s'amorce : la position de la France vis-à-vis de l'OTAN. Insistant sur une alliance "décomplexée" avec les Etats-Unis et sur la complémentarité de l'UE et de l'OTAN, Sarkozy semble annoncer une implication nouvelle de la France dans l'OTAN. Car "cette Alliance atlantique, faut-il le rappeler, c'est la nôtre : nous l'avons fondée, nous en sommes aujourd'hui un des principaux contributeurs". A quand l'annonce du retour de la France dans les structures militaires intégrées de l'OTAN, qu'elle avait quittées en 1966 avec le général de Gaulle?
Un discours riche d'enseignements donc. Les orientations sont claires, les mises en œuvre sont à suivre.
Photo: elysee.fr
Publié par floe26 à 17:03:59 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
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