Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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On se dirige clairement vers un traité - ne prenons plus le risque de l'appeler "constitutionnel" - amoindri. Deux voix nous le rappellent cette semaine. La première n'est pas étonnante, c'est celle de Tony Blair, qui vient d'accorder
un entretien à plusieurs journaux européens dont Le Monde.Interrogé sur sa position à propos des projets de réforme institutionnelle relancés par l'Allemagne, voici sa réponse :
"Nous devons faire un pas en arrière et renoncer à un traité constitutionnel sur lequel aucun accord ne sera trouvé. Nous voulons un traité traditionnel modifié qui améliore les règles de fonctionnement de l'Europe. Quant aux détails, je ne vais pas les négocier en public. Ce sera un objet de discussion entre Européens. J'ai signé le traité constitutionnel. Nous aurions pu vivre avec. Mais maintenant, nous devons tenir compte de la nouvelle réalité née des "non" néerlandais et français. Nous devons écouter les peuples".
Constitution + vs. Constitution -
We are heading toward a diminished treaty. This week, two voices are pretty clear about that. The first one won't surprise you. Let's hear Tony Blair, who gave an interview to several European newspapers including Le Monde.
Asked about his position on institutional reform projects led by Germany, he answered:
"We must step backward and give up the idea of a constitutional treaty on which no agreement will be found. We want a revised conventional treaty which makes Europe work more effectively. (...) I signed the constitutional treaty. We could have lived with it. But now we must take into account the big reality born with the French and Dutch no. We must listen to the people"(translated from French).
His answer is clear: the negative referendums in France and in the Netherlands drove us backwards. Facing the subtility of the French say, which asks for less Europe and more Europe at the same time, Tony Blair has made his choice.
The other voice chose the written way. Angela Merkel, the German Chancellor, sent this week a letter to all Member States, announced European Voice. Her letter reminds them of her desire to see the Union work on a "renewed common basis" before the European Parliament elections in 2009. Aware of the fact that action is needed if this deadline is to be met, Angela Merkel explains that "every effort will have to be made to restrict changes to what is absolutely necessary to reach an overall agreement and to ensure ratification by all member states". Her letter gives an idea of these changes, asking a few questions to the Member States as an introduction to a round of consultations that is to start at the end of the month. Following here is an extract of these questions, given by European Voice:
I take you can't helped but notice the repetition of the word "dropping". Naturally, the German Chancellor managed to balance this by asking the States to think about new issues which could settle in the final agreement such as the "new challenges" and the social dimension.
Yet, after hearing Tony Blair and still waiting for May 6th - second round of the French presidential elections - a feeling prevails: these "necessary presentational changes" - nice euphemism - will stay at the top of the list.
Photo: Reuters
Publié par floe26 à 12:24:25 dans Actualité | Commentaires (2) | Permaliens
Décidément, le football intéresse la Communauté européenne. Après la Commission qui organise un match de gala à Manchester (cf. billet "Le football, une réussite européenne" sur ce blog), c'est au tour du Parlement de parler un peu du ballon rond.
Jeudi 29 mars en plénière, deux textes ont été adoptés par le Parlement. Le premier était une résolution législative en vue de l'adoption d'une décision du Conseil concernant la sécurité lors de matches de football revêtant une dimension internationale.
L'avenir du football professionnel selon le Parlement européen
Le second, plus développé, était une résolution sur l'avenir du football professionnel en Europe, adoptée suite au rapport du député belge Ivo Belet. Dans ce texte, le Parlement cherche d'abord à expliquer sa démarche. Le sport n'étant pas à proprement parler une compétence communautaire, cela semble judicieux même si les résolutions du Parlement - textes non contraignants - peuvent avoir trait à tous les sujets. Pour le Parlement, "la professionnalisation et la commercialisation croissantes du sport en général et du football en particulier ont accru considérablement l'incidence du droit communautaire dans ces domaines, ce que reflète le nombre croissant d'affaires pendantes devant la Cour de justice et la Commission. Dans ce contexte, le problème de l'insécurité juridique s'est considérablement aggravé (...)".
Afin de contrer cette insécurité juridique née de l'absence de régulation au niveau européen, le Parlement se prononce pour une intégration des aspects économiques du sport dans le champ communautaire et invite la Commission à élaborer des lignes directrices dans cette perspective.
L'affaire Charleroi et la formation
Le Parlement évoque également l'affaire Charleroi - soutenu par le G14 qui regroupe les clubs européens les plus puissants, le club de Charleroi conteste la mise à disposition gratuite des joueurs aux équipes nationales - actuellement pendante devant la Cour de justice et au sujet de laquelle il estime qu'elle "pourrait sérieusement réduire les possibilités qu'ont les petites et les moyennes associations nationales de football de participer à des compétitions internationales et pourrait menacer les investissements essentiels qu'opèrent les associations nationales dans le football amateur". Le Parlement considère à cet égard "que les clubs devraient libérer les joueurs appelés en équipe nationale sans prétendre à une compensation".
Par ailleurs, un soutien explicite est apporté aux clubs formateurs, et en particulier, aux mesures de l'UEFA imposant un nombre minimum de joueurs locaux dans les effectifs. Voilà qui plaira sans doute aux clubs français mais on peut se demander si la CJCE n'y verra pas une atteinte à l'arrêt Bosman, consacrant la libre circulation des footballeurs communautaires.
La main sur le coeur européen?
De manière générale, la résolution du Parlement européen met le doigt sur les problèmes cruciaux auxquels le football fait face aujourd'hui. Son utilité ne fait à cet égard aucun doute, même si sa portée est entièrement conditionnée par les mesures prises par l'UEFA, la FIFA et éventuellement les autres institutions de l'Union européenne. L'européanisation du football semble en tout cas s'accélérer, même si finalement l'idée de jouer l'hymne européen et de faire flotter le drapeau européen lors des finales de la Ligue des Champions et de l'Euro a été retirée juste avant le vote.
Publié par floe26 à 21:20:22 dans Football | Commentaires (3) | Permaliens
Thalys : l'Europe express
Gare de Lyon - gare du Nord, le temps d'une course avec le RER pour attraper le Thalys. Une fois attrapé, le parfum de l'international s'impose immédiatement. Voiture 7, quelques Chinois essayent déjà de s'endormir, un cache sur les yeux. Voiture 6, un couple hollandais regarde passer les retardataires avec un intérêt non dissimulé. Voiture 5, c'est la nôtre : un tas d'étudiants lui-même international s'insère parmi les jeunes espagnoles et les ladies américaines. En quatre langues, une voix nous souhaite la bienvenue. Déjà, Bruxelles s'approche.
Ballet européen et plénière très privée
Arrivée au quartier européen. Le ballet attendu, celui des grosses voitures plaquées "EU" et des fonctionnaires en costards/tailleurs commence. Il est 17h, Bruxelles, pour l'instant n'émerveille pas. Sous les portiques du Parlement européen, ma ceinture, comme à l'aéroport, me vaut une petite inspection supplémentaire.
Il est 19h, immixtion en plénière. A dire vrai, plutôt qu'une séance plénière, il faudrait annoncer une séance très privée, où seuls les eurodéputés devant prendre la parole - c'est-à-dire une trentaine - sont présents. Explication : le travail, les discussions ont eu lieu en amont et le vote a lieu demain. Conséquence : aucune raison pour les députés d'être présent.
Il est 22h30, une conclusion s'impose : les Bruxellois dînent tôt. Quick et McDonald's fermés, il faut marcher. Demain, les deux autres pointes du triangle institutionnel.
Suivons Zeus
A ma droite, Europe sur le taureau Zeus. A ma gauche, le voilier Traité de Rome « E la nave va ». En face, Justus Lipsius. Plus loin, une expo sur les 50 ans des traités de Rome avec les différents traités originaux. Bienvenue au Conseil.
Portiques, badges, brochures, of course. Attention, n'appuyez pas trop vite sur les boutons de l'ascenseur, sinon il ne part pas, nous prévient-on. Dans les salles de l'étage 20 (le 2e étage en fait), celui des groupes de travail, l'espace réservé aux cabines d'interprétation est trop étroit : 10 langues seulement, les délégations sont priées de gérer leur "stock d'interprétation". Aux niveaux 35 et 50 par contre, les 23 langues sont disponibles. Ce sont les niveaux des ministres et des chefs d'Etat...
Il est 14h, entrée dans une petite église de briques rouges. Une église ? Non en fait, la bibliothèque de la Commission et son service des visites. L'intérieur d'ailleurs ne ressemble nullement à une église - photos interdites désolé -. Plantes vertes omniprésentes, petite cour intérieure, machines à café high tech, powerpoint prêt à l'emploi, hôtesses d'accueil en tailleur bleu, le service visites de la Commission est manifestement bien rôdé.
Puis Gaston
Ce matin, Gaston nous indique le chemin vers la Représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne. Le musée de la BD, ce sera pour plus tard. Proche de Ste-Gudule, la RP prend de la distance avec le rond-point Schuman et la rue de la Loi. Une distance symbole d'une perte d'influence française au sein des institutions européennes ? Certainement pas, nous répète-t-on. La discussion est en tout cas agréable et l'atmosphère de la maison accueillante.
Il est 12h. Après l'Europe, vient désormais le tour de Bruxelles et de ses gaufres.
Publié par floe26 à 15:51:50 dans Opinions | Commentaires (2) | Permaliens

Des murmures bruxellois rapportés par The Economist évoquent une issue possible à la crise constitutionnelle. Ils partent du constat qu'il sera difficile à l'Union, malgré l'insistance de Mme Merkel, d'atteindre un accord entre les Etats membres sur la question constitutionnelle avant la fin de l'année 2007, alors que le - ou la - Présidente(e) français(e) ne sera élu(e) que le 6 mai et l'Assemblé nationale le 17 juin et que Gordon Brown devrait succéder à Tony Blair cette même année.
N'oublions pas la révision budgétaire de 2008
En outre, il est clair pour tous que l'actuel Chancelier de l'Echiquier, Gordon Brown, se montre beaucoup plus eurosceptique que Tony Blair. Il l'a démontré, notamment, lors de la très laborieuse négociation des perspectives financières 2007-2013.
Or justement, l'accord finalement obtenu par la présidence britannique contient une clause qui prévoit une révision approfondie du budget en 2008. Dès lors, négociations budgétaires et constitutionnelles risquent de s'entrechoquer. Mais cette rencontre pourrait être une chance pour deux questions qui peuvent éventuellement se marier, explique The Economist.
Un mariage de raison
Il est bien connu des diplomates que plus il y a de "boîtes" de négociation sur la table, chacune défendue par tel ou tel acteur, plus le consensus final sera aisé à atteindre, dans la mesure où chacun pourra à la fois céder sur un point et obtenir gain de cause sur un autre. Ainsi, marier la question budgétaire à la question constitutionnelle pourrait permettre d'avancer sur chacune d'entre elles.
Si Gordon Brown obtient ce qu'il demande avec insistance, c'est-à-dire une profonde réforme de la PAC (le retrait de Jacques Chirac devrait la faciliter..), peut-être sera-t-il plus disposé à accepter un nouveau traité constitutionnel. Parallèlement, la suppression du rabais britannique, qui n'aurait alors plus de réelle justification, pourrait conduire les Etats de l'Est, en particulier la Pologne et la République tchèque, à se satisfaire d'un traité constitutionnel qui s'accompagne d'un budget plus ambitieux.
Quoi qu'il en soit, il semble logique de lier les questions budgétaire et constitutionnelle, car elles révèlent toutes deux l'ambition européenne. Voilà un mariage de sous et de droit qui pourrait faire de bien beaux enfants...
You are invited to the wedding of Mr Budget and Miss Constitution
This week, The Economist tells us some Brussels' whispers. These ones talk about a potential solution to the EU constitutional crisis. They acknowledge the fact that, despite Ms Merkel's dedication, it will be difficult for the Union to reach a compromise on the constitutional issue before the end of 2007, since the new French president will be elected on May 6th and the new National Assembly will not be chosen until June 17th. Furthermore, there is also the prospect of Gordon Brown taking over from Tony Blair in Great-Britain.
Let's not forget the budgetary review planned for 2008
It is clear for everyone that the chancellor of the exchequer, Gordon Brown, is much more of a Euro-sceptic than is Tony Blair. He proved it, although he did not need to, during the toilsome discussion over the financing package for 2007-2013.
The agreement eventually brokered by the British presidency includes a clause promising a thorough budgetary review in 2008. Conclusion: budgetary and constitutional issues might meet each other next year. But this meeting might be a chance for these two issues that could get along pretty well, explains The Economist.
A marriage of convenience
Diplomats know for a fact that the more negotiating boxes there are, the easier to find a compromise. Indeed, each party will then be able to make a concession on some points and obtain satisfaction on others. Thus, marrying the budgetary and the constitutional issues could lead to a progress for each one.
If Gordon Brown obtains what he has for long been asking for, i.e. a CAP reform (undoubtedly made easier by Jacques Chirac's retreat), he might accept a revised constitution after all. In the same way, suppressing the British rebate, which would then become redundant, could lead Eastern countries, Poland and the Czech Republic in particular, into a constitutional agreement linked with an ambitious budget.
In any case, marrying budgetary and constitutional issues makes sense. Both reveal what ambition for Europe is being laid down. This marriage of money and law could make really beautiful children...
Publié par floe26 à 11:04:31 dans Actualité | Commentaires (0) | Permaliens
"L'Europe communautaire est un trésor, une perle fine". Lire les mots de Sylvie Goulard fait du bien. Du moins si vous êtes ce qu'on appelle un(e) "Européen(ne) convaincu(e)". Car Sylvie Goulard vient vous dire que vous avez bien raison.
Et elle le dit bien. Au fil d'un voyage avec les pères fondateurs mettant en lumière cinquante ans d'Europe, on découvre la lucidité et le franc-parler d'un Paul-Henri Spaak, la passion d'un Jean Monnet pour la cause communautaire et surtout les idées précises de la nouvelle présidente du Mouvement Européen France (qui succède à Pierre Moscovici).
Un plaidoyer pour la méthode communautaire
Défendant farouchement la méthode communautaire fondée sur le vote majoritaire, l'équilibre des "petits" et des "grands" et un système institutionnel original, l'auteur ne cache pas son scepticisme face aux "ersatz" qui s'en écartent, en particulier la méthode ouverte de coordination et la politique étrangère et de sécurité commune. En ce qui concerne la MOC, Sylvie Goulard juge que "le choix de procédures dont il est hautement probable qu'elles ne permettront pas d'arriver à un résultat rapide est scandaleux". Même constat sur la PESC : "l'efficacité est sacrifiée au maintien des prérogatives des Etats".
Se libérer de l'Etat-nation
Plus fondamentalement, le lecteur est ici invité à une remise en cause plus brutale, qui après tout se révèle séduisante : pourquoi ne pas balayer le dogme de l'Etat-nation, qui présente cette forme d'organisation politique comme la fin de l'Histoire? "A l'échelle du monde, tout se passe comme si les hommes avaient ainsi fait le choix collectif de ne pas régler les problèmes pour ne pas faire de peine aux Etats, auxquels, ils accordent, manifestement, une importance démesurée". Donnant lieu à une coopération intergouvernementale inefficace au regard des possibilités offertes par la méthode communautaire, la préservation du statu quo étatique vaut-elle vraiment la peine de renoncer à "l'émergence d'une puissance publique européenne capable de peser dans ce le monde et de faire goûter aux Européens les bénéfices de la globalisation, tout en préservant leur art de vivre" ?
Le discours en tout cas est convaincant, passionnant car riche en connaissances de la construction européenne. Centré sur l'analyse de l'attitude du coq français face à la perle européenne, il se révèle peut-être même trop exigeant dans la mesure où l'on se demande si la foi européenne dont il fait preuve sera un jour partagé par nos gouvernants et nos concitoyens.
Publié par floe26 à 21:45:11 dans Livres | Commentaires (6) | Permaliens
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