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l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Un référendum un peu moins silencieux... | 19 décembre 2007

Alors que le traité de Lisbonne a été signé par les chefs d'Etat et de gouvernement européens et même déjà ratifié par la Hongrie, le débat sur l'opportunité d'un référendum de ratification en France se poursuit. Ce débat ne revêt qu'un intérêt théorique dans la mesure où Nicolas Sarkozy a maintes fois répété que la voie de la ratification sera parlementaire. Il n'en vaut pas moins la peine d'être rapporté.

Ainsi dans un billet explicite, "Pourquoi il ne faut en aucun cas faire de référendum sur le traité de Lisbonne", Jean Quatremer fait valoir que le nouveau traité étant différent de la défunte Constitution (voir sur cette question "un référendum silencieux"), le passage par la voie du référendum ne s'impose en aucune manière : "Rien, ni le droit, ni la raison n'impose d'avoir recours à un nouveau référendum à partir du moment où le texte n'est juridiquement plus le même".

L'argumentation quitte ensuite le plan juridique pour se concentrer sur la finalité du référendum. Selon Jean Quatremer, les tenants du référendum sont automatiquement des nonistes : "On voit dès lors quel est l'objectif des tenants du référendum : appeler à voter non pour en finir avec "l'Europe" (version droite souverainiste) ou avec "l'Europe libérale" (version gauche souverainiste)". Dans le souci de préserver la construction européenne - qui serait, il est vrai, très fortement fragilisée par un deuxième non français - il ne faut donc pas faire de référendum. Un tel souci est, selon moi, louable mais sauve-t-il en lui-même l'argumentation ?

Ce n'est pas l'avis de Marianne, qui ramène le débat sur la "démocratie" : "Peut-on revenir sur le choix du peuple sans le consulter ? C'est une question de démocratie, la seule qui se pose aujourd'hui, et à laquelle on ne peut répondre en prêtant des desseins cachés à ceux dont on suppose qu'ils ne vont pas bien voter".

On en revient toujours au même problème : le principe même du recours au référendum. Est-il un outil adéquat, en particulier pour les questions européennes ? Relisons à ce propos les considérations de Jean-Louis Bourlanges, député européen jusqu'à la fin de cette année :
"S'agissant du référendum : moi j'étais très hostile à ce qu'on nomme le TCE, qui avait exactement la même valeur juridique que ces prédécesseurs, une constitution. Je disais comme Jacques Delors : 'il vaut mieux un bon traité qu'une mauvaise constitution'. Et à partir du moment où l'on a nommé cela 'constitution', on a dit : 'il faut un référendum'. Mais ce qui rend très difficile le référendum c'est que la question ne peut pas être posée dans sa clarté. Les deux choses qui ont et qui vont animer la campagne - mais je comprends tout à fait, ce sont deux passions démocratiques comme dit Tocqueville, mais légitimes - c'est : est-ce que je suis pour ou contre le gouvernement et est-ce que je suis pour ou contre la construction européenne. Bon. Mais ce n'est pas la question qui serait posée ! La question du traité c'est de savoir si l'on ratifie le traité de Lisbonne. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si l'on posait la question honnêtement - mais c'est bien évidemment impossible de la poser en ces termes - la question devrait être : Est-ce que vous préférez le traité de Nice [cochez] ou est-ce que vous préférez le traité de Lisbonne [cochez] ? Parce que si le traité de Lisbonne n'est pas ratifié, c'est le traité de Nice. Donc c'est une question extraordinairement circonscrite ! Et le référendum en revanche est une consultation qui est illimitée dans ses implications politiques".

Une solution ? le référendum européen.

Photos: europa.eu

Publié par floe26 à 11:17:09 dans Actualité | Commentaires (0) |

Un référendum silencieux (bis) | 14 novembre 2007

Le discours de Nicolas Sarkozy devant le Parlement européen hier vient éclairer le débat tenu ici sur la ratification du traité de Lisbonne, en offrant une justification au passage par la voie parlementaire.

Nicolas Sarkozy était hier devant le "cœur démocratique de l'Europe". Il était venu présenter le programme de la présidence française du Conseil européen au second semestre 2008 lors de l'assemblée plénière du Parlement européen à Strasbourg (discours ici).

Il l'a confirmé, la ratification du traité de Lisbonne ne passera pas en France par la voie du référendum mais par la voie parlementaire. Sa justification? La voici :

"La politique, c'était de proposer aux Français qui avaient voté « non » de négocier un traité simplifié pour débloquer l'Europe et de faire ratifier ce choix par le Parlement, comme je l'avais dit lors de la campagne présidentielle. J'ai été autorisé par le peuple français à faire ratifier le traité simplifié par le parlement. J'ajoute qu'il me semble curieux de dire que le Parlement Européen est l'endroit où bât le coeur démocratique de l'Europe, et contester qu'une ratification parlementaire soit démocratique, parce que si l'Europe est démocratique au Parlement Européen, la France est démocratique au Parlement Français".

Explicitons le syllogisme de Nicolas Sarkozy :

  • Pendant la campagne présidentielle, j'avais annoncé mon intention de négocier un traité simplifié et de le faire ratifier par la voie parlementaire
  • J'ai été élu
  • Donc je dispose d'un mandat pour procéder à la ratification parlementaire

Dans un système politique régi à la fois par la légitimité du suffrage universel et la démocratie représentative, la validité de ce syllogisme peut difficilement être niée.

Néanmoins, deux détails viennent complexifier l'affaire.

  • D'une part, le traité simplifié ressemble furieusement au traité établissant une Constitution pour l'Europe (voir billet "Un référendum silencieux").
  • D'autre part, ce dernier traité avait été rejeté par une majorité de Français.

D'où cette question : Peut-on considérer que l'élection de Nicolas Sarkozy efface le refus exprimé par référendum?

J'avoue que je ne sais comment y répondre...

Photo: Parlement européen

Publié par floe26 à 17:03:37 dans Actualité | Commentaires (0) |

Un référendum silencieux | 29 octobre 2007

Vous le savez peut-être, si vous regardez les journaux télévisés jusqu'à la fin, un nouveau traité sur l'Union européenne a été signé. Le traité de Lisbonne, ainsi qu'on le désigne désormais, remplace le traité constitutionnel, mort-né.

Passons sur les compromis et autres dérogations qui ont permis la signature du traité par l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernements européens. Intéressons nous plutôt au devenir de ce traité. Car après tout, le traité constitutionnel lui aussi avait été signé par tous les pays membres de l'Union.

Le traité de Lisbonne remplace le traité constitutionnel. Pour autant, il n'est pas un traité constitutionnel. Là est d'ailleurs toute la subtilité du stratagème, ainsi que nous l'explique ce week-end Valéry Giscard d'Estaing dans une lettre ouverte au journal Le Monde: "Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l'on cherche. (...) Le mot "Constitution" et l'adjectif "constitutionnel" sont bannis du texte, comme s'ils décrivaient des maladies honteuses".

Pourquoi ce toilettage "déconstitutionnalisant" ? Lisons à nouveau VGE : "Le texte des articles du traité constitutionnel est donc à peu près inchangé, mais il se trouve dispersé en amendements aux traités antérieurs, eux-mêmes réaménagés. On est évidemment loin de la simplification. Il suffit de consulter les tables des matières des trois traités pour le mesurer ! Quel est l'intérêt de cette subtile manoeuvre ? D'abord et avant tout d'échapper à la contrainte du recours au référendum, grâce à la dispersion des articles, et au renoncement au vocabulaire constitutionnel".

Rappelons que VGE était le président de la Convention chargée de rédiger le traité constitutionnel. D'où le paragraphe suivant: "Mais c'est aussi, pour les institutions bruxelloises, une manière habile de reprendre la main, après l'ingérence des parlementaires et des hommes politiques, que représentaient à leurs yeux les travaux de la Convention européenne. Elles imposent ainsi le retour au langage qu'elles maîtrisent et aux procédures qu'elles privilégient, et font un pas de plus qui les éloigne des citoyens".

Résumons: face à l'échec du traité constitutionnel, les responsables européens ont décidé de régler le problème institutionnel de l'UE par un nouveau texte, le traité de Lisbonne. Echaudés par les référendums négatifs français et néerlandais, ils veulent cependant éviter des ratifications par la voie du référendum, au moins dans les pays où le résultat risque d'être négatif. Pour cela ils choisissent d'ôter l'habillage constitutionnel du traité, tandis que le contenu reste quasiment identique. Ainsi, ils expliquent à leurs citoyens que le traité n'étant pas le même, un référendum ne s'avère pas nécessaire.

Conclusion: soit l'unique raison d'être des référendums était l'habillage constitutionnel du traité, soit l'argumentaire relève de la mauvaise foi.

La première proposition ne résiste pas à l'analyse. L'habillage constitutionnel était en effet hautement symbolique et d'une portée juridique quasi nulle. En outre, le toilettage de Lisbonne n'emporte de fait aucune conséquence en la matière: le drapeau européen reste le symbole de l'Union, l'hymne à la joie de Beethoven reste l'hymne de l'Union, etc.

Reste la seconde possibilité: la mauvaise foi. Seul le Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, ne tombe pas dedans: il reconnaît que 90% du traité constitutionnel se retrouve dans le traité et justifie ainsi sa décision, pour l'instant isolée, d'organiser un référendum de ratification.

La décision d'éviter la voie du référendum n'est pas en soi condamnable, du moins cela mérite d'être discuté, mais c'est la justification qui est mauvaise. En France et aux Pays-Bas, la seule justification crédible serait d'expliquer qu'organiser un référendum en 2005 n'était pas nécessaire et qu'une ratification parlementaire était plus à propos. Pas sûr que les Français et les Néerlandais soient d'accord. Une fois qu'on y a goûté...

Face au peu d'émotions que suscitent ces considérations, Valéry Giscard d'Estaing est donc venu mettre son petit grain de sel. Il a été accompagné par The Economist, qui propose dans son éditorial de cette semaine une analyse clairvoyante d'un processus qui l'est beaucoup moins.

Photos: EUobserver et The Economist.

Publié par floe26 à 18:48:00 dans Actualité | Commentaires (2) |

Vers un code civil européen ? | 24 octobre 2007

Chut, ne le dites pas trop fort. Un Etat membre pourrait vous entendre...

A la recherche d'un droit privé européen

Alors la Commission la joue discret. Oui, un groupe de chercheurs met la dernière main à un ouvrage présentant les principes fondamentaux de droit privé des Etats membres. Plus de 150 juristes européens ont tenté d'identifier parmi ceux-ci les principes communs à un droit privé "européen".

Le projet, qui doit être officiellement présenté à la Commission en décembre, devrait être constitué de deux documents : l'un comprendrait entre 300 et 350 pages tandis qu'une version complète comprendrait jusqu'à 3.000 pages d'articles de lois et de commentaires.

Oui, la Commission a financé le projet à hauteur de 4,3 millions d'euros. Mais attention, pas de malentendus: le but n'est pas de conduire à un code civil européen et à une harmonisation des droits privés nationaux. La Commission a appris à se montrer prudente.

Revoilà Napoléon

Il faut dire que l'idée fait peur. Au pays de la common law, on craint même de voir Napoléon ressuscité. Diana Wallis, député européenne britannique, avait en effet prévenu : "Napoléon a été vu approchant rapidement les falaises blanches de Douvres!"

Car les députés eux, ne s'embarrassent pas des mêmes précautions. Une résolution adoptée en mars 2006 expliquait ainsi : "même si la Commission nie que tel est l'objectif, il est clair que beaucoup de chercheurs et d'acteurs de ce projet estiment que l'aboutissement à long terme sera un code européen des obligations ou même un véritable code civil européen".

Un peu de lecture

Ils insistent toutefois sur le fait que les développements sont pour l'instant purement académiques. Les complications s'amoncelleront quand viendra le temps des choix politiques... D'ici là, il faudra lire. Vous avez le choix: 300 ou 3,000 pages ?


Ces infos sont tirées d'un article d'EUobserver, dans lequel vous trouverez plus de détails.

Publié par floe26 à 17:51:16 dans Actualité | Commentaires (2) |

Une nouvelle voix pour une politique étrangère européenne (visible et compréhensible) | 04 octobre 2007

Un nouveau think-tank fait son apparition sur la scène européenne. The European Council on Foreign Relations, ainsi que son nom l'indique, travaillera sur la question de la politique étrangère européenne.

Ses cinquante membres fondateurs, dont Martti Ahtisaari, Giuliano Amato, Jean-Luc Dehaene, Joschka Fischer, Bronislaw Geremek, Alain Minc, Chris Patten, George Soros, Dominique Strauss-Kahn (liste des membres ici ) se donnent comme mission de "combattre l'introversion européenne" en la matière.

Le but est de promouvoir "une approche européenne du monde plus musclée et plus unie". Pour ce faire, l'ECFR insiste sur la coopération européenne au sein des Nations Unies ainsi que l'élargissement de la sphère d'influence européenne à travers un renforcement de sa politique de voisinage. Il déclare également vouloir respecter l'engagement européen en faveur d'une adhésion éventuelle de la Turquie.

Plus d'infos dans la déclaration signée par Martti Ahtisaari, Joschka Fischer, Mark Leonard et Mabel van Oranje, publiée par le Financial Times.

Publié par floe26 à 11:51:51 dans Actualité | Commentaires (2) |

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