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l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Le traité de Lisbonne est-il mort ? | 26 septembre 2008


24 oui, 1 non

A la fin de l'été, 24 Etats membres de l'Union européenne ont ratifié le traité de Lisbonne. Un Etat membre, l'Irlande, l'a rejeté par référendum le 12 juin dernier. La République tchèque et la Suède doivent se prononcer cet automne.

Le processus de ratification ne s'est pas arrêté avec le non irlandais. Depuis le référendum dans l'île d'émeraude, le Royaume-Uni, Chypre, les Pays-Bas, la Belgique, l'Espagne, et en dernier lieu l'Italie, ont ratifié, par voie parlementaire, le traité de Lisbonne. La poursuite de la procédure de ratification démontre la volonté des Etats membres de ne pas enterrer le traité de Lisbonne. 
 
Un traité retardé mais pas enterré

Mais rappelons-le, l'entrée en vigueur du nouveau traité est soumise à l'unanimité des Etats membres. Le rejet irlandais signifie dès lors un délai dans l'application des nouveautés institutionnelles apportées par le traité de Lisbonne:

- Les élections européennes de juin 2009 se dérouleront selon les règles définies par le traité de Nice. Le nombre des députés européens sera donc limité à 736 et non à 751 comme le prévoit le traité de Lisbonne.

- En ce qui concerne la Commission européenne, l'incertitude plane sur sa composition. Le traité de Lisbonne prévoit une Commission à 18 commissaires à partir de 2014, selon un système de rotation égalitaire entre les Etats membres. Le traité de Nice impose que le nombre des commissaires soit inférieur à 27, sans toutefois donner de précisions quant au système de calcul de ce nombre. Il appartient donc au Conseil européen des chefs d'Etats et de gouvernement de se mettre d'accord sur la composition de la Commission, alors que l'une des raisons du vote négatif irlandais était la "perte" de "leur" commissaire.

- Par ailleurs, la création des postes de Président du Conseil européen et de Haut représentant pour les affaires étrangères est également retardée. 
 "Retardée", tel est le vocabulaire employé par les Etats-membres car telle est la direction qu'ils ont choisie : celle de sauver le traité de Lisbonne du non irlandais et de repenser un calendrier permettant d'envisager une entrée en vigueur à la fin 2009. Pour ce faire, il reste trois étapes :

- La ratification en Suède : celle-ci ne présente a priori pas de difficultés et devrait être conclue cet automne

- La ratification en République tchèque : le président eurosceptique Vaclav Klaus adopte une position attentiste, estimant que la procédure de ratification ne peut se poursuivre après le non irlandais. Le premier ministre a toutefois annoncé cet été que la ratification aura bien lieu avant la fin de l'année.

- Le cas irlandais : la suite à donner au référendum négatif de juin dernier se résume en trois options, dans la mesure où la Constitution irlandaise impose le passage par la voie référendaire pour ratifier un nouveau traité. Soit l'Irlande envisage un retrait de l'Union européenne, soit l'Irlande vote à nouveau sur le traité de Lisbonne inchangé, soit enfin l'Irlande vote à nouveau sur le traité de Lisbonne assorti de quelques modifications visant à répondre aux attentes des citoyens irlandais.

Vers un nouveau vote irlandais ?

La troisième solution semble la plus probable. Les Irlandais voteraient à nouveau au second semestre 2009, selon un scénario copiant celui qui avait conduit à la ratification irlandaise du traité de Nice après une deuxième consultation en 2002.

Pour l'instant, le traité de Lisbonne vit encore.

Publié par floe26 à 12:46:02 dans Le point sur: | Commentaires (1) |

Les biocarburants : une fausse bonne idée ? | 28 mars 2008

Présentation

Certains les appellent "carburants verts" ou "agro-carburants", mais le terme le plus usité reste "biocarburants". Ces termes renvoient à ce qui fait la particularité de ces carburants : ils sont produits à partir de matières organiques.

Les techniques de production sont variées mais à l'heure actuelle, on distingue deux filières essentielles :
- le biodiésel : produit à base d'huiles végétales et destiné aux moteurs diesel
- le bioéthanol : produit à base de plantes sucrières ou contenant de l'amidon et destiné aux moteurs essence.

L'Europe et les biocarburants

Les biocarburants ne datent pas d'aujourd'hui. Ainsi, par exemple, la Ford T était conçue pour fonctionner au bioéthanol. Mais, dès les années 1930, les carburants à base de pétrole ont acquis une position dominante dans le secteur du transport routier. 
 
 Cette situation a perduré partout dans le monde jusqu'à la percée du bioéthanol au Brésil dans les années 1970, avec le soutien actif de l'État. Il y représente actuellement 11 % du marché du carburant routier.
 
En Europe, quelques pays ont commencé à s'intéresser aux biocarburants pendant les années 1990. L'Union européenne s'est quant à elle penchée sérieusement sur la question des biocarburants au début des années 2000. En 2001, la Commission européenne présente une directive sur les biocarburants, adoptée en 2003. 
 
À l'époque, le rôle des biocarburants était négligeable. Leur part de marché dans l'UE en 2001 atteignait à peine 0,3 %. L'Union décide d'avancer d'une manière prudente et progressive. 
 
En 2006, la Commission a présenté un rapport d'évaluation sur les progrès accomplis dans l'utilisation des biocarburants. La Commission considère alors que les biocarburants se sont révélés comme une alternative crédible au pétrole. Les objectifs fixés toutefois ne sont pas atteints. En 2005, la part de marché des biocarburants dans l'ensemble de l'UE équivaut à 1%, en deçà donc de la barre fixée à 2%. 
 
En France, les objectifs fixés se voulaient plus ambitieux que les orientations européennes, l'objectif de 5,75% de parts de marchés étant fixé pour l'horizon 2008 (et non 2010). En 2005 toutefois, la part de biocarburants atteignait à peine 1% (0,97%). 
 
La progression des biocarburants sur le marché reste donc faible, alors que la Commission européenne en a fait un élément fondamental de sa stratégie de lutte contre le réchauffement climatique. 
 
En janvier dernier, la Commission européenne a présenté son plan d'action contre le réchauffement climatique. Ce paquet, qui est désormais sur la table des institutions européennes, prévoit de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'UE de 20% d'ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990 et de porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation, conformément aux engagements pris lors du sommet européen de mars 2007.

Les biocarburants occupent une place importante dans cette stratégie. La proposition de la Commission prévoit de porter la part des biocarburants à 10% d'ici 2020.

Toutefois, il semble aujourd'hui que les discussions entre les Etats membres, lors du dernier Conseil européen des 13 et 14 mars notamment, tendent à remettre en cause cet objectif. Pourquoi ?

Faut-il poursuivre le soutien aux biocarburants ?

De nombreuses études publiées récemment se montrent très critiques sur l'apport des biocarburants. L'Agence de l'ONU chargée de la lutte contre la faim dans le monde a mis en garde contre le danger des biocarburants, qui nourrissent selon elle la flambée des prix alimentaires. Devant le Parlement européen il y a quelques semaines, la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Mme Sheeran, a expliqué que le "changement d'orientation en faveur de la production des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire".

D'autres études dénoncent un second effet pervers de la culture des biocarburants : au lieu de participer à la réduction de la pollution, celle-ci la favoriserait au contraire en poussant à la destruction d'écosystèmes naturels, tels que les forêts d'Amazonie, d'Indonésie ou de Malaisie par exemple.  
 
A la mi-mars, la Commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, a assuré que l'UE ne changerait pas son fusil d'épaule, rappelant qu'il est crucial pour l'Europe de diversifier ses sources de carburants. 
 
Mais certains préconisent d'attendre le développement des biocarburants dits "de deuxième génération". Ces derniers permettent d'éviter le piège de l'alternative alimentaire / énergie, car ils sont fabriqués à partir de déchets agricoles non alimentaires, comme la paille par exemple. Ces derniers devraient être commercialisés à partir de 2010.

Alors ? Une bonne idée ? 
 
En la matière, il convient d'être pragmatique.
==> Evaluons d'un côté le coût des biocarburants, à la fois sur le plan social, sur le plan économique et sur le plan environnemental.
==> Evaluons d'un autre côté les avantages, en tenant compte notamment des fluctuations du prix du pétrole et de la question de la dépendance énergétique européenne.
==> Et faisons la somme.

Les biocarburants peuvent à l'avenir représenter un outil essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique et dans l'avènement d'une nouvelle mobilité. A condition que leur plus-value soit démontrée et que leur développement soit encadré sur le plan européen mais également mondial. 


Crédits images :
terresacree.org et onesta.net

Publié par floe26 à 16:43:43 dans Le point sur: | Commentaires (0) |

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