Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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Le Conseil européen n'est pas une institution officielle de l'Union européenne. Il est pourtant en ce moment l'instance décisionnaire la plus importante de l'UE.
Mis en place à l'initiative de Valéry Giscard d'Estaing à la fin des années 1970, le Conseil européen réunit régulièrement les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres. A ne pas confondre avec le Conseil de l'Union européenne - dit également Conseil des ministres -, institution à part entière de l'UE, qui réunit les ministres des Etats membres selon une organisation thématique (le Conseil transports réunit les ministres des transports, le Conseil économique et financier les ministres de l'économie et des finances, etc).
Prenant acte de l'influence grandissante du Conseil européen, où se négocient les grandes évolutions politiques de l'UE, le traité constitutionnel puis le traité de Lisbonne le reconnaissent formellement comme instance de l'Union. Mais le Conseil européen n'est pas à proprement parler une instance décisionnaire.
Telle n'est pas l'impression laissée par la présidence actuelle du Conseil européen. A propos du paquet énergie-climat (voir note Lire ou relire pour une analyse plus détaillée), Nicolas Sarkozy répète en effet régulièrement que ses dispositions seront adoptées à l'unanimité par les chefs d'Etat et de gouvernement.
La procédure communautaire voudrait pourtant que le paquet soit adopté en codécision entre le Parlement européen et le Conseil des ministres de l'Environnement. D'aucuns craignent donc que la procédure législative communautaire ne soit négligée par la présidence française, voire tout simplement court-circuitée, au profit d'un débat restreint au Conseil européen.
Pour s'assurer du contraire, le Parlement européen a décidé d'avancer son vote sur le dossier, afin qu'il ait lieu avant le Conseil européen des 11 et 12 décembre.
Certes, l'importance du dossier rend à la fois logique et nécessaire la négociation au plus haut niveau politique mais celle-ci doit intervenir en dernier ressort, au terme d'une procédure législative ordinaire qui resterait inaboutie. Le travail de codécision entre le Parlement européen et les ministères de l'environnement nationaux se révèle d'ailleurs tout autant politique mais sans doute plus efficace, gagnant grâce à la multiplication des acteurs la marge de manœuvre et la liberté de ton que perd le Conseil européen, représentant immédiat des intérêts nationaux.
Face aux réticences qui s'élèvent chez plusieurs Etats membres, derrière la Pologne et l'Italie, que ce soit au titre de la défense de son industrie charbonnière (pour la première) ou au regard des difficultés conjoncturelles de l'industrie (pour la seconde), il serait même peut-être judicieux de laisser les enjeux se décanter entre les eurodéputés et les ministres de l'Environnement. Le glorieux moment de la signature du paquet pourra lui être réservé au Conseil européen.
Photos: ue2008.fr, europa.eu
Publié par floe26 à 18:35:53 dans Opinions | Commentaires (1) | Permaliens
Certains, dont je fais partie, critiquaient l'objectif d'une entrée en vigueur du traité de Lisbonne au 1er janvier 2009. Six mois avant les élections européennes, il aurait fallu installer les nouveaux postes de l'UE - Président du Conseil, Haut Représentant pour la politique étrangère - sans être en mesure de tenir compte de l'équilibre politique sorti des urnes.
Aujourd'hui,
il est peu réaliste d'imaginer que le traité de Lisbonne puisse entrer en
vigueur avant les élections européennes. Les autorités irlandaises n'envisagent
pas un nouveau vote avant l'été, malgré la pression de certains Etats membres.
Pour Jean-Claude Juncker, il est clair que le traité ne s'appliquera pas avant
2010.
Mais si une entrée en vigueur le 1er janvier 2009 convenait mal aux échéances européennes, le 1er janvier 2010 ne constitue pas une solution plus adéquate. Elle signifie en effet que l'ensemble des rendez-vous institutionnels de 2009 se fera sous l'empire du traité de Nice : les élections au Parlement européen mais également le renouvellement de la Commission européenne.
Or le
traité de Nice prévoit expressément que la prochaine Commission rassemble moins
de commissaires que d'Etats membres. Contrairement au traité de Lisbonne, le
traité de Nice ne prévoit pas la possibilité pour le Conseil européen de garder
le nombre de commissaires à 27. Dès lors, deux scénarios sont envisageables :
Alors
2009, cauchemar ou fantasme des diplomates ? Les citoyens ont sans doute leur
petite idée sur la question...
Image: europa.eu
Publié par floe26 à 18:02:56 dans Opinions | Commentaires (0) | Permaliens
La commission des affaires
constitutionnelles du Parlement européen a voté la semaine dernière en faveur
d'une visibilité accrue des symboles de l'UE au sein de la maison parlementaire
européenne. Le drapeau européen devrait ainsi orner chacune des salles, la
devise "Unis dans la diversité" figurer sur chacun des documents
officiels et l'hymne européen "L'ode à la joie" de Beethoven être
joué au début de chaque session plénière.
Symboles et certitudes
Le renforcement des symboles
européens, une idée de la défunte Constitution, qu'elle avait emporté avec elle
dans la tombe. Il s'agit en effet de l'un des toilettages ayant permis de
renommer la Constitution "Traité de Lisbonne".
Les conséquences juridiques de
cet abandon sont faibles : la démarche du Parlement européen le prouve.
Celui-ci est libre de fixer ses règles de procédure interne et use ici de cette
discrétion pour s'avancer sur un enjeu que les analystes des référendums
français et néerlandais avaient identifié comme controversé.
Drapeau, quel drapeau ?
Loin d'être uniquement décoratif,
le drapeau européen porte en lui l'enjeu de la puissance politique de l'UE. En
Russie la semaine dernière, Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil,
avait été accueilli par des drapeaux uniquement français. Prévoyante, la délégation
européenne avait emmené dans ses bagages des drapeaux européens, qu'elle a tenu
à placer autour du podium de la conférence de presse. "Oubliant" le
drapeau de l'UE, la Russie cherchait à démontrer qu'elle ne négociait pas avec
une union politiquement négligeable, mais avec la France.
L'eurodéputé conservateur
britannique Timothy Kirkhope a bien compris la portée politique des symboles
européens. Pointant l'inutilité et la flagornerie de la réforme envisagée au
Parlement, il a expliqué avoir voté contre cet "étalage de nationalisme
européen".
Photo: ploum.frimouvy.org/images/drapeau.jpg
Publié par floe26 à 23:15:30 dans Opinions | Commentaires (0) | Permaliens
Rassurer. Protéger.
Voilà les deux mots-clés, il semble, de la présidence française du Conseil, qui débute cette semaine.
Rassurer car l'Europe inquiète. Tel est le message envoyé par les citoyens irlandais mais également par leurs voisins européens. Le dernier Eurobaromètre est clair à cet égard : un tiers des Français perçoit la construction européenne comme une source de crainte (30% comme une source d'espoir et 37% ne se prononcent pas). En 2003, 61 % des Français disaient percevoir la construction européenne comme une source d'espoir.
Le verre est à moitié vide pour l'Europe en ce moment.
Alors soit on change le regard de celui en face du verre, soit on verse un peu d'eau.
Le président polonais a trouvé une autre solution : jeter l'eau, vider le verre.
Parade de la Commission et de la présidence française : couvrir le verre, étouffer la tempête qui s'y prépare. Puis s'occuper de la carafe afin de remplir le verre avec élégance et si possible, sous le regard de tous.
Dans la carafe, le paquet énergie-climat, le pacte sur l'immigration et le renforcement de la défense européenne notamment. Rassurer, protéger. Notre environnement, nos frontières.
Mais l'ensemble est paradoxal. En matière d'environnement et de défense, les projets européens se pensent vers l'extérieur. L'UE souhaite jouer un rôle pionnier en matière de lutte contre le réchauffement climatique, dans le but d'entraîner le reste du monde à la suivre dans ses efforts. L'Europe de la défense, ainsi qu'on la désigne souvent, couvre en fait des missions de protection de la paix gérées par des forces européennes dans le monde entier.
Par définition, la régulation de l'immigration se conçoit elle contre l'extérieur. Rassurer. Protéger. Certes, mais prenons garde au risque d'une Europe repliée sur elle-même, contraire à la vision des pères fondateurs et à l'esprit qui anime la construction européenne depuis ses débuts, celui d'une aventure ouverte, novatrice et audacieuse. Celui d'un verre à moitié plein.
Publié par floe26 à 20:46:51 dans Opinions | Commentaires (0) | Permaliens
Certains l'attendent impatiemment. D'autres commencent déjà à se demander comment ils vont s'en sortir. 2009 sera une année chargée pour l'Union européenne. Elle est l'une de ces années charnières, comme 1999 ou 2004, au cours desquelles le mandat des députés européens et de la Commission européenne prend fin. Les élections européennes auront lieu en juin et la nouvelle Commission entrera en fonction à l'automne.
Mais la donne de 2009 s'annonce bien plus compliquée... Car si tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes (europhiles) possible, le traité de Lisbonne sera ratifié par l'ensemble des Etats membres et entrera en vigueur au 1er janvier 2009.
Jusqu'ici tout va bien. Vous croyez ? Alors vous n'avez pas été attentif à un petit détail du calendrier. Le Traité de Lisbonne entrera en vigueur en janvier 2009. Les élections européennes auront lieu en juin 2009. Or ce décalage, qu'on évacue en parlant de « 2009 », pose problème.
Explications : le traité de Lisbonne modifie la structure institutionnelle de l'UE, créant notamment deux postes, celui de Président du Conseil de l'UE et celui de Haut représentant pour la politique étrangère (le rôle de l'actuel Haut représentant est étendu, le futur titulaire devenant également vice-président de la Commission et président du Conseil affaires étrangères). La présidence slovène, et plus encore la future présidence française, mènent les négociations autour de ces postes : la nature exacte de leurs fonctions, les considérations concrètes (où logera le Président du Conseil par exemple), et bien entendu les personnalités susceptibles de les occuper.
De nombreux noms sont lâchés et planent dans l'atmosphère bruxelloise, j'y reviendrai à une autre occasion. Une seule certitude : comme souvent pour l'Europe, les discussions se feront sur "un paquet". Le "paquet" du triangle formé par le Président du Conseil, le Haut représentant et le Président de la Commission. 
Raison d'être de ce "paquet" : les trois postes doivent constituer un équilibre, tant sur le plan géographique que politique. Dès lors, il semble logique de les discuter en même temps.
Mais c'est ici que le bât blesse et que l'on comprend le casse-tête européen de 2009. Le traité de Lisbonne précise en effet que le président de la Commission sera élu par le Parlement européen sur la base d'une proposition du Conseil reflétant le résultat des élections européennes.
Or, rappelons-le, les élections européennes auront lieu en juin. Morale de notre petite histoire : les Etats membres discutent en catimini au Conseil du nom du futur Président de la Commission, dont le nom sera décidé - mais sans doute tenu secret - pour janvier 2009, 6 mois avant les élections européennes censées décider de ce même nom !
Pas sûr que ce soit le meilleur moyen de motiver les citoyens à se rendre aux urnes en 2009.
2009 : a European puzzle
Some wait for it impatiently. Others already start to wonder how they will manage it. 2009 will be a busy year for the European Union. It's one of these key years, when both the mandate of the MEPs and the European Commission expire. European elections will take place in June and the new Commission will start working in Fall.
But 2009 is something else. If everything goes as planned in the perfect European world, the Lisbon treaty will be ratified by all Member States and will enter into force on January 1st 2009.
So far, so good. Right ? Well, pay attention to a small detail of the 2009 schedule. The Lisbon Treaty will enter into force on January 2009. The European elections will take place in June 2009. These 6 months - overlooked when one talks about "2009" - matter.
Why ? The Lisbon Treaty modifies the institutional structure of the EU. Among other things, it creates two new positions : the President of the EU Council and the High Representative for Foreign Affairs (the job of the current High Representative will be extended, the incumbent to be being also Vice President of the European Commission and chairing the Foreign Affairs Council). The Slovenian Presidency and the French one coming next are leading the negotiations on these positions : what their exact role will be, how they will work (for instance where the President of the EU Council will live ?) and of course, who will hold them.
Several names have been released and hang on in Brussels' atmosphere. But only one thing is certain : as often in EU affairs, things are dealt with in a "package". The "package" at hand is this : the President of the EU Council, the High Representative and the President of the Commission.
In other words, these three positions are discussed together. The reasoning behind this "package" makes sense : this triangle has to be balanced, both politically and geographically.
But that's where things go wrong. The Lisbon Treaty specifies that the President of the European Commission will be elected by the European Parliament on the basis of a proposal by the Council taking into account the results of the European elections.
Let me remind you that the European elections will take place in June 2009. You see where I'm heading : the Member States are negotiating behind closed doors the name of the President of the European Commission in order to - secretly ? - agree on one by next January, 6 months before the European elections, supposedly deciding on this very name.
Is this the best way to convince people to come to vote on June 2009 ?
Images: CE.
Publié par floe26 à 13:44:56 dans Opinions | Commentaires (2) | Permaliens
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