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l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Le verre européen | 06 juillet 2008

Rassurer. Protéger.

Voilà les deux mots-clés, il semble, de la présidence française du Conseil, qui débute cette semaine.

Rassurer car l'Europe inquiète. Tel est le message envoyé par les citoyens irlandais mais également par leurs voisins européens. Le dernier Eurobaromètre est clair à cet égard : un tiers des Français perçoit la construction européenne comme une source de crainte (30% comme une source d'espoir et 37% ne se prononcent pas). En 2003, 61 % des Français disaient percevoir la construction européenne comme une source d'espoir.

Le verre est à moitié vide pour l'Europe en ce moment.

 Alors soit on change le regard de celui en face du verre, soit on verse un peu d'eau.

Le président polonais a trouvé une autre solution : jeter l'eau, vider le verre.

Parade de la Commission et de la présidence française : couvrir le verre, étouffer la tempête qui s'y prépare. Puis s'occuper de la carafe afin de remplir le verre avec élégance et si possible, sous le regard de tous. 

Dans la carafe, le paquet énergie-climat, le pacte sur l'immigration et le renforcement de la défense européenne notamment. Rassurer, protéger. Notre environnement, nos frontières.

Mais l'ensemble est paradoxal. En matière d'environnement et de défense, les projets européens se pensent vers l'extérieur. L'UE souhaite jouer un rôle pionnier en matière de lutte contre le réchauffement climatique, dans le but d'entraîner le reste du monde à la suivre dans ses efforts. L'Europe de la défense, ainsi qu'on la désigne souvent, couvre en fait des missions de protection de la paix gérées par des forces européennes dans le monde entier.

Par définition, la régulation de l'immigration se conçoit elle contre l'extérieur. Rassurer. Protéger. Certes, mais prenons garde au risque d'une Europe repliée sur elle-même, contraire à la vision des pères fondateurs et à l'esprit qui anime la construction européenne depuis ses débuts, celui d'une aventure ouverte, novatrice et audacieuse. Celui d'un verre à moitié plein.

 

Publié par floe26 à 20:46:51 dans Opinions | Commentaires (0) |

2009 ou le casse-tête européen | 10 mai 2008

  

Certains l'attendent impatiemment. D'autres commencent déjà à se demander comment ils vont s'en sortir. 2009 sera une année chargée pour l'Union européenne. Elle est l'une de ces années charnières, comme 1999 ou 2004, au cours desquelles le mandat des députés européens et de la Commission européenne prend fin. Les élections européennes auront lieu en juin et la nouvelle Commission entrera en fonction à l'automne.

Mais la donne de 2009 s'annonce bien plus compliquée... Car si tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes (europhiles) possible, le traité de Lisbonne sera ratifié par l'ensemble des Etats membres et entrera en vigueur au 1er janvier 2009.

Jusqu'ici tout va bien. Vous croyez ? Alors vous n'avez pas été attentif à un petit détail du calendrier. Le Traité de Lisbonne entrera en vigueur en janvier 2009. Les élections européennes auront lieu en juin 2009.  Or ce décalage, qu'on évacue en parlant de « 2009 », pose problème.

Explications : le traité de Lisbonne modifie la structure institutionnelle de l'UE, créant notamment deux postes, celui de Président du Conseil de l'UE et celui de Haut représentant pour la politique étrangère (le rôle de l'actuel Haut représentant est étendu, le futur titulaire devenant également vice-président de la Commission et président du Conseil affaires étrangères). La présidence slovène, et plus encore la future présidence française, mènent les négociations autour de ces postes : la nature exacte de leurs fonctions, les considérations concrètes (où logera le Président du Conseil par exemple), et bien entendu les personnalités susceptibles de les occuper.

De nombreux noms sont lâchés et planent dans l'atmosphère bruxelloise, j'y reviendrai à une autre occasion. Une seule certitude : comme souvent pour l'Europe, les discussions se feront sur "un paquet". Le "paquet" du triangle formé par le Président du Conseil, le Haut représentant et le Président de la Commission.

Raison d'être de ce "paquet" : les trois postes doivent constituer un équilibre, tant sur le plan géographique que politique. Dès lors, il semble logique de les discuter en même temps.

Mais c'est ici que le bât blesse et que l'on comprend le casse-tête européen de 2009. Le traité de Lisbonne précise en effet que le président de la Commission sera élu par le Parlement européen sur la base d'une proposition du Conseil reflétant le résultat des élections européennes.

Or, rappelons-le, les élections européennes auront lieu en juin. Morale de notre petite histoire : les Etats membres discutent en catimini au Conseil du nom du futur Président de la Commission, dont le nom sera décidé - mais sans doute tenu secret - pour janvier 2009, 6 mois avant les élections européennes censées décider de ce même nom !

Pas sûr que ce soit le meilleur moyen de motiver les citoyens à se rendre aux urnes en 2009.  

  

2009 : a European puzzle

Some wait for it impatiently. Others already start to wonder how they will manage it. 2009 will be a busy year for the European Union. It's one of these key years, when both the mandate of the MEPs and the European Commission expire. European elections will take place in June and the new Commission will start working in Fall.

But 2009 is something else. If everything goes as planned in the perfect European world, the Lisbon treaty will be ratified by all Member States and will enter into force on January 1st 2009.

 So far, so good. Right ? Well, pay attention to a small detail of the 2009 schedule. The Lisbon Treaty will enter into force on January 2009. The European elections will take place in June 2009. These 6 months - overlooked when one talks about "2009" - matter.

Why ? The Lisbon Treaty modifies the institutional structure of the EU. Among other things, it creates two new positions : the President of the EU Council and the High Representative for Foreign Affairs (the job of the current High Representative will be extended, the incumbent to be being also Vice President of the European Commission and chairing the Foreign Affairs Council). The Slovenian Presidency and the French one coming next are leading the negotiations on these positions : what their exact role will be, how they will work (for instance where the President of the EU Council will live ?) and of course, who will hold them.

Several names have been released and hang on in Brussels' atmosphere. But only one thing is certain : as often in EU affairs, things are dealt with in a "package". The "package" at hand is this : the President of the EU Council, the High Representative and  the President of the Commission.

In other words, these three positions are discussed together. The reasoning behind this "package" makes sense : this triangle has to be balanced, both politically and geographically. 

But that's where things go wrong. The Lisbon Treaty specifies that the President of the European Commission will be elected by the European Parliament on the basis of a proposal by the Council taking into account the results of the European elections.

Let me remind you that the European elections will take place in June 2009. You see where I'm heading : the Member States are negotiating behind closed doors the name of the President of the European Commission in order to - secretly ? - agree on one by next January, 6 months before the European elections, supposedly deciding on this very name.

Is this the best way to convince people to come to vote on June 2009 ?  

Images: CE.

 

 

Publié par floe26 à 13:44:56 dans Opinions | Commentaires (2) |

"C'est la faute à Bruxelles" | 04 novembre 2007

 

Candide était celui qui croyait ne plus entendre cette expression après les houleuses mais bénéfiques explications de mai 2005. Tous les raccourcis et lâchetés que portaient ces quelques mots n'ont pourtant pas disparus.

 

Les raccourcis étaient journalistiques, les lâchetés politiques. Si les secondes semblent se faire un petit peu plus discrètes, les premiers résonnent toujours à nos oreilles.

 

 Retour à jeudi dernier, fin d'après-midi. Dans la voiture pour plusieurs heures, j'écoute le journal d'Europe 1. Les titres : « 2 morts dans une fusillade. Grenoble ressemble à Chicago » (premier raccourci assez facile), « Pénurie de fuel, c'est la faute à Bruxelles ». Bon. Attendons les explications.


Malheureusement, elles étaient assez confuses. On comprend toutefois qu'une nouvelle norme européenne modifie les exigences relatives au fuel et que les distributeurs doivent donc s'adapter. Où est la pénurie ?

 

D'explications sur les raisons de cette nouvelle norme, sur la position des Etats membres (par exemple de la France) et des différentes institutions européennes ou sur le processus de prise de la décision (ne serait-ce qu'un simple « les institutions européennes se sont mises d'accord sur... »), il ne fallait pas en attendre. On était bien trop occupé à faire peur au consommateur.

 

Certes il n'y aura pas cette fois de référendum. Mais les erreurs du passé ne méritent pas pour autant d'être répétées. Informer correctement sur l'Europe reste la première des priorités.

 

Publié par floe26 à 16:31:05 dans Opinions | Commentaires (2) |

Qui suis-je ? | 16 octobre 2007

Je suis très souvent en haut de l'actualité.
Notamment en ce moment, mais cela fait des siècles que ça dure.
En général, je réveille les ardeurs.
Surtout quand on m'associe à d'autres faiseurs de polémiques, tels la bioéthique.

Je fonctionne en flux, qui évoluent au cours de l'histoire.
J'ai participé à la découverte du monde et à son peuplement par l'être humain.
Je participe toujours à ce qu'on aime désormais appeler la mondialisation.
Qui n'est d'ailleurs rien d'autre qu'un changement d'échelle.

Pourtant, chaque Etat me gère à sa guise.
Enfin... pas tous.
En Europe en effet, ils ont choisi de créer un vaste espace intérieur sans frontières, qu'ils appellent marché intérieur.
Leurs frontières externes étant communes, ils ont décidé de parler de moi en commun.

Enfin, ce n'est pas si simple.
Je m'explique.

J'ai deux filles : l'une est légale, l'autre illégale.
L'Union européenne joue la baby-sitter pour la cadette, l'illégale, qu'elle surveille à la majorité qualifiée.
Elle s'occupe avec plus de retenue de l'aînée, qu'elle soumet à l'unanimité.

Pourtant, malgré ses airs de jeune fille polie, l'aînée elle aussi a besoin d'attention.
Elle jalouse sa petite sœur, plus fragile, mais du coup objet de toutes les attentions européennes.
Elle en a marre, elle, d'être tirée dans tous les sens par les hommes politiques nationaux.
Elle se soucie de son avenir, et aimerait qu'ils se mettent enfin d'accord.

Car après tout, je suis devenue européenne.
Il serait donc logique que mes deux filles le soient également.

Si vous voulez me rencontrer plus longuement, rendez-vous à la Porte Dorée.
Une cité y porte désormais mon nom.



I often make it to the top of the news.
Especially these days, but it has been this way for centuries.
Most often, I stir up everyone's fervour.
And it works even better when I am combined with other crowd arousers such as bioethics.

I flow constantly but evolve over time.
I took part in the discovery of the world and its conquest by the human kind.
I still take part in what is now known as globalization.
Which is nothing more than a change of scale.

Yet every state deals with me as it pleases.
Well... not every state.
In Europe indeed, they have decided to create a large unbordered space, which they call the common market.
They share common external borders, so they thought why not as well share talks about me.

Actually it's not that easy.
Let me explain myself.

I have two daughters: one is legal, the other illegal.
The European Union likes to baby-sit the youngest, the illegal one, who benefits from a qualified majority care.
The EU is much more reluctant with the eldest, using only unanimity with her.

Yet, despite her well-educated attitude, the eldest is also in need of care.
She is jealous of her younger sister, more fragile, but who hence collects all the attention.
She is tired of being shot in every corner by national politicians.
She worries about her future, and would like them to eventually find an agreement.

Because after all, I have become European.
So it would make sense that both my daughters are too.

If you want to meet me for a longer chat, rendezvous at Porte Dorée, Paris.
A Cité there now bears my name.

Publié par floe26 à 17:02:05 dans Opinions | Commentaires (3) |

Grande chambre | 07 juillet 2007

Le mardi, la Cour de justice des communautés européennes se réunit en grande chambre pour écouter les affaires de plus grande importance. Récit.

L'impression immédiate est différente. Plus solennelle peut-être, moins intime sans doute. Ici, le nombre d'interprètes ne dépasse pas celui des spectateurs. A moins que les groupes de visiteurs allemands ne comptent pas...

Selon un ancien référendaire, l'audience, en particulier en grande chambre, "c'est un show". Autant que le contenu des débats, les comportements sont épiés. Au sein de la juridiction communautaire en effet, la procédure écrite tend à dominer la procédure orale. Peu de nouveaux arguments sont développés à l'oral, en dehors des réponses aux questions des juges.

9h30. Le "show" judiciaire européen débute. Le public et les caméras sont là. La grande salle d'audience du bâtiment Thomas More est pleine. Les caméras ne tournent que quelques minutes pourtant ; alors que le greffier annonce l'affaire d'espèce, le président leur fait signe de quitter la salle.

10h30. La lycéenne allemande à droite ne parvient plus à réprimer le bâillement qu'elle combattait depuis un moment déjà. Un peu plus loin, une autre s'amuse à écouter tous les interprètes l'un après l'autre, et les regarde en souriant dans leurs cabines. "Il ne vous reste plus que deux minutes" prévient le président. L'avocat accélère alors l'allure. "Il ne s'agit pas de lire plus vite ce que vous avez écrit mais de résumer" intervient encore le président. Secrètement, les interprètes le remercient sans doute.

11h. Le président suspend la séance. Les lycéens allemands et les retraités, allemands également (plus proches ou plus intéressés les Allemands ?), quittent la salle, et partent écouter une conférence sur le fonctionnement de la Cour. Dommage, ils ratent le plus intéressant.

11h15. Reprise. Il est temps de passer aux questions. Face au juge qui l'interroge en français, l'avocat italien entame sa réponse en français également. "En italien s'il vous plaît" l'interrompt le président. Il faut respecter la langue de procédure. S'exprimant en dernier, l'avocat de la Commission se montre fin tacticien : voyant que l'heure tourne, il écourte au maximum ses conclusions, ce que n'avait pas su faire son prédécesseur.

12h30. La séance est close. Bon appétit.

Photo: www.curia.europa.eu

Publié par floe26 à 19:04:07 dans Opinions | Commentaires (0) |

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