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EU.rope

l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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"Peut-on construire une Europe politique ?" | 27 janvier 2007


Récemment, il m'a fallu me pencher sur la question suivante : "peut-on construire une Europe politique ?". Face à la copie blanche, le sourire, qui s'expliquait par la peur de tomber sur un sujet trop précis, s'est rapidement évanoui. Car bien avant d'imaginer la construction d'une Europe politique, il va bien falloir la définir.


Des propositions ?


Peut-être veut-on dire par là une Europe "politicienne", qui fait place à de véritables partis politiques européens - et non pas des émanations des partis nationaux - et qui fait émerger un véritable débat droite / gauche. Alain disait que "lorsqu'on me demande si la coupure entre partis de droite et de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l'homme qui pose cette question n'est certainement pas un homme de gauche".


Que seraient la droite et la gauche de la scène politique européenne ? Sans doute on parlera plutôt de fédéralistes et de souverainistes. Mais tout n'est ici question que de vocabulaire. Le clivage gauche - droite prend un sens différent selon le pays et l'époque, donc pourquoi ne pas l'appliquer à l'Europe ? En même temps, pourquoi donc l'appliquer ?


Peut-être parler d'une Europe politique ne sera possible que lorsque les élections européennes provoqueront une campagne qui débutera deux ans plus tôt et donnera lieu à une campagne politico-médiatique digne des Etats-Unis ou de la France d'aujourd'hui ? Mais peut-être faudrait-il alors élire un Président européen, afin de personnaliser un peu les choses ?


A moins que l'Europe politique ne soit l'Europe tout court. Il faut alors attendre le moment où lorsqu'on parle de "l'Europe", tout le monde sait de quoi on parle véritablement. En d'autres termes, une Europe géographiquement délimitée, une Europe qui occupe un siège unique dans chacune des organisations internationales, une Europe qui parle d'une seule voix sur la scène internationale, une Europe dotée d'une Constitution claire et fonctionnelle, une Europe qui ne fait qu'un avec l'Union européenne.

Peut-on construire l'Europe ?




  


Can we build a political Europe? 


Recently I had to think about the following question: "Can we build a political Europe?" Looking at my blank paper, I first smiled. I had been afraid to get a much more specific subject. Yet the smile quickly disappeared. Before thinking about building "a political Europe", I clearly needed to define what could that mean.


Any ideas?  


Maybe one means by that a Europe with "real politicians". And by "real politicians", I mean politicians that belong to real European political parties - not groups composed of national parties -. Politicians that one can describe as European "leftists" or European "rightists".  Alain explained that "when asked if talking about leftist and rightist political parties, leftist and rightist individuals, still makes sense, my first thought is that the one asking the question is surely not a leftist".


What would be a European Left and a European Right? It might be easier to talk about Federalists and Sovereignists. After all, this is only a question of choosing words. The opposition between Left and Right takes a different meaning depending upon which country and which year you are looking at. So why not talking about a European Left and a European Right? But then why should we use such concepts that do not have a specific meaning?


Maybe talking about a political Europe will only be possible when the European elections lead to a campaign that begins two years earlier and create a fuss in the media matching what nowadays happens in the United States and France. But then we might need to elect a European President, so that things get a little more personalized.


Unless a political Europe is nothing more than Europe itself. Then we need to wait for the time when, whenever someone talks about Europe, everybody knows what is meant by that. In other words, we need to wait for a Europe clearly defined geographically, a Europe that takes one single seat in each international organization, a Europe that speaks with one single voice on the international scene, a Europe which functions according to a clear and functional Constitution, a Europe that converges with the European Union into a single body.


Can we build Europe?


 

Publié par floe26 à 19:30:41 dans Opinions | Commentaires (0) |

L'€uro, je t'aime, moi non plus | 19 novembre 2006



Certains le désirent mais n'arrivent pas à l'approcher. D'autres partagent avec lui une relation plutôt intime mais aiment à le critiquer. Pendant ce temps, lui continue son petit bonhomme de chemin, séduisant au-delà des frontières européennes les amants éconduits du dollar.

Les Slovènes, après bien des efforts, se réjouissent de le rencontrer mais les valeureux Lituaniens lui reprochent encore son intransigeance. Les hommes politiques français le trouvent trop fort et devant le jury populaire, l'accuse de tous les maux. Le gouvernement polonais, timide et indécis, évite la confrontation et se réfugie derrière le temps et l'opinion publique. Les Allemands se montrent conciliants dans la vie commune, tandis que les Espagnols lui sont jusqu'alors plutôt reconnaissants.

A dire vrai, la vie de l'Euro ressemble à celle d'une icône populaire, enviée par tous, admirée par beaucoup mais jalousement méprisée par les plus bruyants.



Living with the Euro

Some feel attracted but cannot manage to get closer. Others share with him an intimate relationship but still happen to criticize him from time to time. All that time, he keeps going his way, seducing beyond European borders turned away lovers of the dollar.

Slovenians, after much effort, are looking forward meeting him. Brave Lithuanians reproach him for his intransigence. French politicians find him too strong and held him responsible for anything and everything. Polish Government, shy and uncertain, avoids confrontation and hides behind the clock. Germans prove to be understanding, whereas Spaniards feel grateful.

When you think about it, Euro's life looks like one of a popular icon, envied by all, admired by many but jealously disregarded by the noisy ones.

Publié par floe26 à 18:19:01 dans Opinions | Commentaires (2) |

La "capacité d'absorption de l'UE" : un concept facile et trompeur | 11 novembre 2006



Depuis quelques mois, il n'est quasiment pas d'articles portant sur l'élargissement de l'UE qui n'évoque "la capacité d'absorption" de l'UE. Dans la majorité des cas, le recours à ce concept vise à expliquer que l'UE sera bientôt incapable d'accueillir de nouveaux membres. Visée : la Turquie.

Cette notion de "capacité d'absorption de l'UE" pose problème car elle est floue. Pour certains, c'est au contraire un avantage. Très flexible, l'idée d'une capacité d'absorption est utilisée par chacun selon ses propres convictions : souvent elle ferme la porte à la Turquie ou à ses voisins à l'Est, parfois elle critique l'élargissement à 25 puis 27. De fait, elle n'est jamais définie.

L'expression "capacité d'absorption de l'UE" est vide de sens car trop générale. Il faudrait parler de la capacité d'absorption des institutions actuelles. La notion de capacité d'absorption est en effet nécessairement contingente, temporaire, liée aux structures en place.

Il est légitime de considérer que les institutions actuelles ne permettent pas un élargissement fonctionnel. La Commission symbolise cet obstacle, car elle ne peut fonctionner efficacement à 27, encore moins à 28 ou plus.

Mais les institutions ne sont pas intangibles et l'UE ne se définit pas par un cadre permanent mais au contraire, par une vocation à l'adaptation de ses structures à l'évolution du nombre de ses membres. Les institutions actuelles peuvent - et doivent - être modifiées afin d'accueillir de nouveaux Etats-membres tout en préservant leur efficacité et leur fonctionnalité.

L'expression "capacité d'absorption de l'UE" est donc trompeuse en ceci qu'elle laisse accroire que cette "capacité d'absorption" serait permanente, inhérente à la nature même de l'UE. La capacité d'absorption de l'UE est en réalité infinie, pouvant s'élargir à mesure que les institutions s'adaptent.

Ne nous cachons donc pas derrière des concepts techniques fumeux mais admettons que la question de l'élargissement est belle et bien de nature politique, voire même philosophique.



"Absorption capacity": a tricky idea

For the last few months, no article about EU enlargement has failed to mention the "absorption capacity of the EU". In most cases, the idea is being used for explaining that the EU will soon be unable to welcome any new members. What is the target here? Turkey.

The notion of "EU absorption capacity" raises question because nobody is clear about what it means. Many see that as an advantage. Very flexible, the idea of "absorption capacity" is used depending on what the writer thinks: often it closes the door to Turkey or its Eastern neighbours, sometimes it criticizes the enlargement of 2004 and/or 2007. But "absorption capacity" is never defined.

In fact, it does not mean anything because it is too general. One should rather talk about the absorption capacity of current EU institutions. The notion of "absorption capacity" is indeed always contingent, temporary and defined by the structures in place.

It is legitimate to think that current EU institutions cannot effectively survive further enlargement. The Commission embodies such difficulties: it cannot work efficiently with 27 Commissioners. Of course, 28 Commissioners or more would not help.

But the EU institutions are not intangible. The EU does not function within a permanent body. On the contrary, its structures are constantly adapted to political evolutions, and specifically to the quantity of member States. And now, current institutions should be modified in order to welcome new members while staying efficient.

Therefore talking about "EU absorption capacity" is tricky because it makes you think that this absorption capacity is permanent, inherent in the EU very nature. The EU absorption capacity is in fact infinite since it can grow as the institutions are constantly adapted to that growth.

So let's not hide behind woolly technical concepts and let's admit that EU enlargement is first and foremost a matter of politics, or maybe even a question of philosophy.


Publié par floe26 à 21:54:19 dans Opinions | Commentaires (2) |

Existe-t-il des partis politiques européens ? | 28 octobre 2006



Etes-vous membre d'un parti politique européen ?


Non, mais nous le voulons, ont répondu trois Danois, qui ont récemment envoyé une lettre accompagnée d'une souscription de 20€ aux groupes libéraux, socialistes et verts du Parlement européen. Membres de partis politiques nationaux, eux-mêmes rattachés aux trois groupes précités au sein du Parlement européen, ces Danois revendiquent une adhésion directe au sein de partis politiques européens.

Mais existe-t-il des partis politiques européens ?

Un parti politique se définit comme un groupement de citoyens réunis, sous la forme associative, par des valeurs communes et visant à présenter des candidats aux fonctions électives. Or, dans le cas des groupes politiques européens, l'une de ces deux dimensions est absente. On retrouve certes la dimension électorale, même si les candidats se présentent sous le drapeau de leur parti national. Par contre, on ne peut parler de groupement de citoyens mais uniquement de groupements de parlementaires. Sans adhérents, il n'existe donc pas de partis politiques européens.

Des partis politiques européens pour augmenter l'influence des citoyens

Les citoyens sont donc les grands absents, soulignent nos amis danois. « Nous avons besoin de véritables partis politiques européens pour que nous, citoyens, ayons l'opportunité d'influencer les orientations de l'Union européenne. Il est important de garder en tête que toutes les nationalités sont en fait des minorités sur les scènes politiques européenne et mondiale ».

Une solution face au déficit démocratique européen ?

Il est sans doute illusoire de s'imaginer de véritables partis politiques européens croulant sous le nombre d'adhésions, du moins en France. Néanmoins, la création de tels partis, éventuellement toujours rattachés aux partis politiques nationaux mais dotés d'une véritable identité européenne et ouverts aux adhésions citoyennes, serait bénéfique au débat européen. Elle permettrait l'identification - ou le rejet - des citoyens face aux programmes proposés et l'émergence d'un forum politique semblable à celui que l'on retrouve dans chacun des Etats.



Are you a member of a European political party?

No, but we would like to be, answered three Danes. They have recently sent a letter with a 20€ subscription enclosed to the socialist, liberal and green factions respectively in the Brussels assembly. Already members of national political parties which are affiliated to their European counterparts, the three Danes explain they expect to have a say on European issues.

But is there any such thing that could be called a European political party?

A political party is a society composed of citizens gathered around common values and which goal is to put forward candidates for elections. Yet, European political fractions lack one of these elements. True, there are elections and candidates, but they are candidates representing national political parties. However, these fractions ate not composed of citizens but instead are a society of MEPs. Since there isn't any member, there isn't any European political party.

We need European political parties so that the citizens can have a stronger influence on European decisions

Citizens do not have enough influence, explain our Danish friends. "We need to have proper European parties if we as citizens are to have better opportunities to exercise influence on the EU. It is important to remember that all nationalities are minorities on the European and global political stages".

A solution to the European democratic deficit?

It would be illusory to think that we will soon see European political parties desperately trying to welcome all would-be members, especially in France. Nevertheless, the existence of European political parties would be good for the European debate, even though they would certainly still be attached in some way to their national counterparts. They would enable citizens to support or reject parties' agendas. They would create a political forum, similar to those observed on the national scene.

Publié par floe26 à 12:24:44 dans Opinions | Commentaires (0) |

A quand le marché unique de la téléphonie mobile? | 30 septembre 2006





Cet été, vous avez peut-être voyagé en Europe. Sûrement, vous avez eu l'envie ou le besoin de téléphoner ou de recevoir des appels avec votre téléphone portable. Vous vous êtes alors rendu compte, en jetant un coup d'œil à la facture à la fin du mois, que les tarifs diffèrent grandement de ceux appliqués en France. Observons les d'un peu plus près.

Si l'on compare des forfaits similaires chez les trois grands opérateurs (forfait intégral 3h par exemple), l'on constate que le tarif est le même lorsque vous effectuez un appel de la zone 1 (rassemblant les Etats d'Europe occidentale) vers la France : 1€/min. Notons que les dix derniers Etats entrés dans l'Union comptent parmi la zone 2 (voire même la zone 3 chez Bouyges Telecom), pour laquelle l'appel vers la France est facturé 1,18€/min chez Orange, 1,20€/min chez SFR et 1,50€/min chez Bouyges Telecom. La réception d'appel va de 0,35€/min (SFR, zone 1) à 1€/min si vous visitez l'Estonie et êtes abonné chez Bouyges Telecom.

Si vous êtes titulaire d'un forfait 3h chez l'un de ces trois opérateurs (0,25€/min en national), téléphoner depuis l'Europe vous revient donc au minimum 4 fois plus cher. Il serait intéressant de savoir si le coût du service est effectivement 4 fois plus élevé pour l'opérateur. Il est permis d'en douter...

A l'heure du marché unique et de l'espace Schengen, cette situation doit nous étonner. Dans la mesure où les opérateurs profitent des frontières - qui devraient pourtant aujourd'hui être quasiment transparentes - pour augmenter leurs tarifs, ils s'inscrivent en contradiction avec le marché unique.

Par ailleurs, ces augmentations de tarifs lors de déplacements sur l'espace communautaire portent atteinte à la libre circulation des personnes. Elles imposent en effet un poids budgétaire supplémentaire aux personnes en déplacement.
Dès lors, la Communauté européenne, plus à même de s'attaquer efficacement à la question que les Etats membres, doit intervenir. La Commission européenne l'a compris. Elle a récemment proposé une régulation en la matière (12 juillet 2006), expliquant que 147 millions de citoyens européens se trouvent affectés par ces écarts tarifaires injustifiés. Elle propose de réduire de 70% le tarif des appels passés et reçus depuis l'Europe, en limitant par exemple le prix des appels à un maximum de 49 centimes la minute, afin de s'attaquer à ce qu'elle considère comme "l'une des dernières frontières intérieures du marché commun" (résumé de la proposition de régulation disponible sur le site de la Commission).

Si le Parlement européen et le Conseil des ministres européen soutiennent la proposition, celle-ci pourrait devenir norme européenne pour l'été 2007 et améliorer ainsi une situation qui le mérite amplement.




Travelling in Europe with your cell phone is bad for your purse

You might have travelled in Europe this summer. Surely, you wanted or needed to use your cell phone. A few days later, at the end of the month, while taking a look at the bill, you discovered that the prices are not the same when you are in Europe and when you are in France (assuming you're French of course). Indeed. Let's take a closer look.

If we compare similar packages offered by the three main French telecommunications companies (3 hours package for instance), we note that the price is the same if you call from zone 1 (West European states) to France: 1€/min. It should be said that the 10 New Entries Members belong to zone 2 (even zone 3 at Bouyges Telecom), from which a call to France is billed 1,18€/min by Orange, 1,20€/min by SFR and 1,50€/min by Bouyges Telecom. Receiving a call can cost you from 0,35€/min (SFR, zone 1) up to 1€/min if you're visiting Estonia and a Bouyges Telecom subscriber.

So if you have a 3hours package from one of these three companies (a national phone call then costs you 0,25€/min), calling from Europe is at least 4 times more expensive. It would be interesting to know if operating costs are indeed 4 times higher for the company. We can have doubts about that.

Such observations should surprise us when we know the words Schengen area and single market. Playing on borders - that should normally be almost inexistent – in order to raise the prices, the companies' strategy contradicts the single market spirit.

Moreover, high international mobile "roaming" charges threaten free movement of the persons. Travelling Europeans indeed must face an additional charge.

The European Community must act, being in a better position to do so than the Member states. The European Commission realized it and recently initiated an EU roaming regulation (July 12th 2006), which explains that 147 millions EU citizens are affected by roaming charges. The Commission proposes to cut prices of calls made and received from European countries by up to 70%, the maximum charge being 49 cents per minute, in order to tackle "one of the last borders within Europe's internal market" (a note on the proposed EU roaming regulation can be found on the Commission website).

If the European Parliament and the Council of Ministers were to support the proposition made by the Commission, it could be enforced by summer 2007. Let's hope it will, for the sake of those who love to discover Europe.

Publié par floe26 à 20:16:05 dans Opinions | Commentaires (2) |

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