Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.
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En pénétrant dans la salle d'audience, on prend part à un rituel bien rôdé.
Quoique.
"Micro!" L'huissier venait déjà à la rescousse mais le juge s'est chargé de rappeler à l'avocat qu'il lui faut ouvrir son micro avant de s'exprimer.
La salle n'est pas si grande pourtant, et chacune des personnes assistant à l'audience peut entendre sans difficultés les paroles de l'avocat. Mais elles ne sont pas les seules à l'écouter attentivement.
Dans les "aquariums" tout autour de la salle, les traducteurs prêtent une oreille encore plus alerte. Bien souvent, ils sont même plus nombreux que les personnes dans la salle d'audience.
Dans ce dialogue entre les juges et les avocats, chacun doit bien se faire comprendre. Si ces derniers ne peuvent s'exprimer que dans la langue de procédure préalablement définie, les juges, quant à eux, peuvent s'exprimer dans la langue qu'ils souhaitent parmi les 23 langues de procédure reconnues.
Parfois, ce sont les traducteurs eux-mêmes qui oublient d'ouvrir leur micro. Mais il n'y a pas toujours d'auditeurs pour s'en rendre compte...
Le juge rapporteur pose la première question aux parties, après que le président lui ait donné la parole. Il est celui qui est chargé de rédiger le rapport d'audience et connaît donc avec précision l'affaire.
De fait, le véritable rédacteur du rapport d'audience est le référendaire du juge rapporteur. Chaque juge dispose d'un cabinet composé de trois référendaires et, souvent, d'un stagiaire. Pour chaque affaire dans laquelle le juge est désigné comme juge rapporteur, l'un des trois référendaires se voit confier la responsabilité de rédiger le rapport d'audience et le rapport préalable (le premier reprend uniquement les arguments des parties tandis que le second propose en outre une solution en droit mais reste strictement confidentiel au sein du Tribunal).
A l'audience, le référendaire chargé de l'affaire prend place en face de l'huissier, sur la droite des juges.
Après les questions posées par le juge rapporteur, le président mène le débat, laissant à chacun des juges la possibilité de poser des questions. Enfin, les parties, et en dernier lieu la partie défenderesse, procèdent à leurs remarques conclusives.
La procédure orale est close. Le président se lève, et nous également.
Les dessins sont issus du très beau livre d'aquarelles de Noëlle Herrenschmidt, publié à l'occasion des cinquante ans de la Cour en 2002.
Publié par floe26 à 10:33:29 dans Opinions | Commentaires (0) | Permaliens
Thalys : l'Europe express
Gare de Lyon - gare du Nord, le temps d'une course avec le RER pour attraper le Thalys. Une fois attrapé, le parfum de l'international s'impose immédiatement. Voiture 7, quelques Chinois essayent déjà de s'endormir, un cache sur les yeux. Voiture 6, un couple hollandais regarde passer les retardataires avec un intérêt non dissimulé. Voiture 5, c'est la nôtre : un tas d'étudiants lui-même international s'insère parmi les jeunes espagnoles et les ladies américaines. En quatre langues, une voix nous souhaite la bienvenue. Déjà, Bruxelles s'approche.
Ballet européen et plénière très privée
Arrivée au quartier européen. Le ballet attendu, celui des grosses voitures plaquées "EU" et des fonctionnaires en costards/tailleurs commence. Il est 17h, Bruxelles, pour l'instant n'émerveille pas. Sous les portiques du Parlement européen, ma ceinture, comme à l'aéroport, me vaut une petite inspection supplémentaire.
Il est 19h, immixtion en plénière. A dire vrai, plutôt qu'une séance plénière, il faudrait annoncer une séance très privée, où seuls les eurodéputés devant prendre la parole - c'est-à-dire une trentaine - sont présents. Explication : le travail, les discussions ont eu lieu en amont et le vote a lieu demain. Conséquence : aucune raison pour les députés d'être présent.
Il est 22h30, une conclusion s'impose : les Bruxellois dînent tôt. Quick et McDonald's fermés, il faut marcher. Demain, les deux autres pointes du triangle institutionnel.
Suivons Zeus
A ma droite, Europe sur le taureau Zeus. A ma gauche, le voilier Traité de Rome « E la nave va ». En face, Justus Lipsius. Plus loin, une expo sur les 50 ans des traités de Rome avec les différents traités originaux. Bienvenue au Conseil.
Portiques, badges, brochures, of course. Attention, n'appuyez pas trop vite sur les boutons de l'ascenseur, sinon il ne part pas, nous prévient-on. Dans les salles de l'étage 20 (le 2e étage en fait), celui des groupes de travail, l'espace réservé aux cabines d'interprétation est trop étroit : 10 langues seulement, les délégations sont priées de gérer leur "stock d'interprétation". Aux niveaux 35 et 50 par contre, les 23 langues sont disponibles. Ce sont les niveaux des ministres et des chefs d'Etat...
Il est 14h, entrée dans une petite église de briques rouges. Une église ? Non en fait, la bibliothèque de la Commission et son service des visites. L'intérieur d'ailleurs ne ressemble nullement à une église - photos interdites désolé -. Plantes vertes omniprésentes, petite cour intérieure, machines à café high tech, powerpoint prêt à l'emploi, hôtesses d'accueil en tailleur bleu, le service visites de la Commission est manifestement bien rôdé.
Puis Gaston
Ce matin, Gaston nous indique le chemin vers la Représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne. Le musée de la BD, ce sera pour plus tard. Proche de Ste-Gudule, la RP prend de la distance avec le rond-point Schuman et la rue de la Loi. Une distance symbole d'une perte d'influence française au sein des institutions européennes ? Certainement pas, nous répète-t-on. La discussion est en tout cas agréable et l'atmosphère de la maison accueillante.
Il est 12h. Après l'Europe, vient désormais le tour de Bruxelles et de ses gaufres.
Publié par floe26 à 15:51:50 dans Opinions | Commentaires (2) | Permaliens
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Des propositions ?
Peut-être veut-on dire par là une Europe "politicienne", qui fait place à de véritables partis politiques européens - et non pas des émanations des partis nationaux - et qui fait émerger un véritable débat droite / gauche. Alain disait que "lorsqu'on me demande si la coupure entre partis de droite et de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l'homme qui pose cette question n'est certainement pas un homme de gauche".
Que seraient la droite et la gauche de la scène politique européenne ? Sans doute on parlera plutôt de fédéralistes et de souverainistes. Mais tout n'est ici question que de vocabulaire. Le clivage gauche - droite prend un sens différent selon le pays et l'époque, donc pourquoi ne pas l'appliquer à l'Europe ? En même temps, pourquoi donc l'appliquer ?
Peut-être parler d'une Europe politique ne sera possible que lorsque les élections européennes provoqueront une campagne qui débutera deux ans plus tôt et donnera lieu à une campagne politico-médiatique digne des Etats-Unis ou de la France d'aujourd'hui ? Mais peut-être faudrait-il alors élire un Président européen, afin de personnaliser un peu les choses ?
A moins que l'Europe politique ne soit l'Europe tout court. Il faut alors attendre le moment où lorsqu'on parle de "l'Europe", tout le monde sait de quoi on parle véritablement. En d'autres termes, une Europe géographiquement délimitée, une Europe qui occupe un siège unique dans chacune des organisations internationales, une Europe qui parle d'une seule voix sur la scène internationale, une Europe dotée d'une Constitution claire et fonctionnelle, une Europe qui ne fait qu'un avec l'Union européenne.
Peut-on construire l'Europe ?Can we build a political Europe?
Recently I had to think about the following question: "Can we build a political Europe?" Looking at my blank paper, I first smiled. I had been afraid to get a much more specific subject. Yet the smile quickly disappeared. Before thinking about building "a political Europe", I clearly needed to define what could that mean.
Any ideas?
Maybe one means by that a Europe with "real politicians". And by "real politicians", I mean politicians that belong to real European political parties - not groups composed of national parties -. Politicians that one can describe as European "leftists" or European "rightists". Alain explained that "when asked if talking about leftist and rightist political parties, leftist and rightist individuals, still makes sense, my first thought is that the one asking the question is surely not a leftist".
What would be a European Left and a European Right? It might be easier to talk about Federalists and Sovereignists. After all, this is only a question of choosing words. The opposition between Left and Right takes a different meaning depending upon which country and which year you are looking at. So why not talking about a European Left and a European Right? But then why should we use such concepts that do not have a specific meaning?
Maybe talking about a political Europe will only be possible when the European elections lead to a campaign that begins two years earlier and create a fuss in the media matching what nowadays happens in the United States and France. But then we might need to elect a European President, so that things get a little more personalized.
Unless a political Europe is nothing more than Europe itself. Then we need to wait for the time when, whenever someone talks about Europe, everybody knows what is meant by that. In other words, we need to wait for a Europe clearly defined geographically, a Europe that takes one single seat in each international organization, a Europe that speaks with one single voice on the international scene, a Europe which functions according to a clear and functional Constitution, a Europe that converges with the European Union into a single body.
Can we build Europe?
Publié par floe26 à 19:30:41 dans Opinions | Commentaires (0) | Permaliens

Publié par floe26 à 18:19:01 dans Opinions | Commentaires (2) | Permaliens

Publié par floe26 à 21:54:19 dans Opinions | Commentaires (2) | Permaliens
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