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EU.rope

l'Union européenne et son actualité commentées

A propos de l'auteur


 
Originaire d'Amiens, je suis passée ensuite par l'Université du Montana (USA), Berlin, Grenoble et Luxembourg. Après des études de droit et une spécialisation dans les questions européennes, il était temps de se mettre au travail. Me voilà donc désormais à Bruxelles, où je travaille au Parlement européen en tant qu'assistante parlementaire.
Pour achever cette rapide description, j'ajoute que mes occupations préférées sont avant tout sportives, à travers la pratique du triathlon et du football notamment.



Born in Amiens (France), I later spent some time at the University of Montana (United States), Berlin, Grenoble (France) and Luxemburg. I studied law and more specifically the European Union. I now work in the European Parliament, as a MEP assistant.
To be complete, I must add that my favorite pastimes are active ones, such as triathlon and soccer.

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Audience au Tribunal de première instance des Communautés européennes | 09 juin 2007


Debout.
"Le Tribunal" annonce l'huissier.
On s'assoit.  

En pénétrant dans la salle d'audience, on prend part à un rituel bien rôdé.
Quoique.
"Micro!" L'huissier venait déjà à la rescousse mais le juge s'est chargé de rappeler à l'avocat qu'il lui faut ouvrir son micro avant de s'exprimer.

La salle n'est pas si grande pourtant, et chacune des personnes assistant à l'audience peut entendre sans difficultés les paroles de l'avocat. Mais elles ne sont pas les seules à l'écouter attentivement.
Dans les "aquariums" tout autour de la salle, les traducteurs prêtent une oreille encore plus alerte. Bien souvent, ils sont même plus nombreux que les personnes dans la salle d'audience.

Dans ce dialogue entre les juges et les avocats, chacun doit bien se faire comprendre. Si ces derniers ne peuvent s'exprimer que dans la langue de procédure préalablement définie, les juges, quant à eux, peuvent s'exprimer dans la langue qu'ils souhaitent parmi les 23 langues de procédure reconnues.  

Parfois, ce sont les traducteurs eux-mêmes qui oublient d'ouvrir leur micro. Mais il n'y a pas toujours d'auditeurs pour s'en rendre compte... 

Le juge rapporteur pose la première question aux parties, après que le président lui ait donné la parole. Il est celui qui est chargé de rédiger le rapport d'audience et connaît donc avec précision l'affaire.
 
De fait, le véritable rédacteur du rapport d'audience est le référendaire du juge rapporteur. Chaque juge dispose d'un cabinet composé de trois référendaires et, souvent, d'un stagiaire. Pour chaque affaire dans laquelle le juge est désigné comme juge rapporteur, l'un des trois référendaires se voit confier la responsabilité de rédiger le rapport d'audience et le rapport préalable (le premier reprend uniquement les arguments des parties tandis que le second propose en outre une solution en droit mais reste strictement confidentiel au sein du Tribunal).
 
 A l'audience, le référendaire chargé de l'affaire prend place en face de l'huissier, sur la droite des juges.

Après les questions posées par le juge rapporteur, le président mène le débat, laissant à chacun des juges la possibilité de poser des questions. Enfin, les parties, et en dernier lieu la partie défenderesse, procèdent à leurs remarques conclusives. 

La procédure orale est close. Le président se lève, et nous également.

Les dessins sont issus du très beau livre d'aquarelles de Noëlle Herrenschmidt, publié à l'occasion des cinquante ans de la Cour en 2002.

Publié par floe26 à 10:33:29 dans Opinions | Commentaires (0) |

Quelques jours au coeur de l'Europe | 02 avril 2007

Mercredi 28 avril, le master Europe de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble se rend à Bruxelles pour quelques jours. Au programme : visite du cœur de l'UE.

Thalys : l'Europe express

Gare de Lyon - gare du Nord, le temps d'une course avec le RER pour attraper le Thalys. Une fois attrapé, le parfum de l'international s'impose immédiatement. Voiture 7, quelques Chinois essayent déjà de s'endormir, un cache sur les yeux. Voiture 6, un couple hollandais regarde passer les retardataires avec un intérêt non dissimulé. Voiture 5, c'est la nôtre : un tas d'étudiants lui-même international s'insère parmi les jeunes espagnoles et les ladies américaines. En quatre langues, une voix nous souhaite la bienvenue. Déjà, Bruxelles s'approche.

Ballet européen et plénière très privée

Arrivée au quartier européen. Le ballet attendu, celui des grosses voitures plaquées "EU" et des fonctionnaires en costards/tailleurs commence. Il est 17h, Bruxelles, pour l'instant n'émerveille pas. Sous les portiques du Parlement européen, ma ceinture, comme à l'aéroport, me vaut une petite inspection supplémentaire.

Il est 19h, immixtion en plénière. A dire vrai, plutôt qu'une séance plénière, il faudrait annoncer une séance très privée, où seuls les eurodéputés devant prendre la parole - c'est-à-dire une trentaine - sont présents. Explication : le travail, les discussions ont eu lieu en amont et le vote a lieu demain. Conséquence : aucune raison pour les députés d'être présent.

Il est 22h30, une conclusion s'impose : les Bruxellois dînent tôt. Quick et McDonald's fermés, il faut marcher. Demain, les deux autres pointes du triangle institutionnel.

Suivons Zeus

A ma droite, Europe sur le taureau Zeus. A ma gauche, le voilier Traité de Rome « E la nave va ». En face, Justus Lipsius. Plus loin, une expo sur les 50 ans des traités de Rome avec les différents traités originaux. Bienvenue au Conseil.

Portiques, badges, brochures, of course. Attention, n'appuyez pas trop vite sur les boutons de l'ascenseur, sinon il ne part pas, nous prévient-on. Dans les salles de l'étage 20 (le 2e étage en fait), celui des groupes de travail, l'espace réservé aux cabines d'interprétation est trop étroit : 10 langues seulement, les délégations sont priées de gérer leur "stock d'interprétation". Aux niveaux 35 et 50 par contre, les 23 langues sont disponibles. Ce sont les niveaux des ministres et des chefs d'Etat...

Il est 14h, entrée dans une petite église de briques rouges. Une église ? Non en fait, la bibliothèque de la Commission et son service des visites. L'intérieur d'ailleurs ne ressemble nullement à une église - photos interdites désolé -. Plantes vertes omniprésentes, petite cour intérieure, machines à café high tech, powerpoint prêt à l'emploi, hôtesses d'accueil en tailleur bleu, le service visites de la Commission est manifestement bien rôdé.

Puis Gaston

Ce matin, Gaston nous indique le chemin vers la Représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne. Le musée de la BD, ce sera pour plus tard. Proche de Ste-Gudule, la RP prend de la distance avec le rond-point Schuman et la rue de la Loi. Une distance symbole d'une perte d'influence française au sein des institutions européennes ? Certainement pas, nous répète-t-on. La discussion est en tout cas agréable et l'atmosphère de la maison accueillante.

Il est 12h. Après l'Europe, vient désormais le tour de Bruxelles et de ses gaufres.

Publié par floe26 à 15:51:50 dans Opinions | Commentaires (2) |

"Peut-on construire une Europe politique ?" | 27 janvier 2007


Récemment, il m'a fallu me pencher sur la question suivante : "peut-on construire une Europe politique ?". Face à la copie blanche, le sourire, qui s'expliquait par la peur de tomber sur un sujet trop précis, s'est rapidement évanoui. Car bien avant d'imaginer la construction d'une Europe politique, il va bien falloir la définir.


Des propositions ?


Peut-être veut-on dire par là une Europe "politicienne", qui fait place à de véritables partis politiques européens - et non pas des émanations des partis nationaux - et qui fait émerger un véritable débat droite / gauche. Alain disait que "lorsqu'on me demande si la coupure entre partis de droite et de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l'homme qui pose cette question n'est certainement pas un homme de gauche".


Que seraient la droite et la gauche de la scène politique européenne ? Sans doute on parlera plutôt de fédéralistes et de souverainistes. Mais tout n'est ici question que de vocabulaire. Le clivage gauche - droite prend un sens différent selon le pays et l'époque, donc pourquoi ne pas l'appliquer à l'Europe ? En même temps, pourquoi donc l'appliquer ?


Peut-être parler d'une Europe politique ne sera possible que lorsque les élections européennes provoqueront une campagne qui débutera deux ans plus tôt et donnera lieu à une campagne politico-médiatique digne des Etats-Unis ou de la France d'aujourd'hui ? Mais peut-être faudrait-il alors élire un Président européen, afin de personnaliser un peu les choses ?


A moins que l'Europe politique ne soit l'Europe tout court. Il faut alors attendre le moment où lorsqu'on parle de "l'Europe", tout le monde sait de quoi on parle véritablement. En d'autres termes, une Europe géographiquement délimitée, une Europe qui occupe un siège unique dans chacune des organisations internationales, une Europe qui parle d'une seule voix sur la scène internationale, une Europe dotée d'une Constitution claire et fonctionnelle, une Europe qui ne fait qu'un avec l'Union européenne.

Peut-on construire l'Europe ?




  


Can we build a political Europe? 


Recently I had to think about the following question: "Can we build a political Europe?" Looking at my blank paper, I first smiled. I had been afraid to get a much more specific subject. Yet the smile quickly disappeared. Before thinking about building "a political Europe", I clearly needed to define what could that mean.


Any ideas?  


Maybe one means by that a Europe with "real politicians". And by "real politicians", I mean politicians that belong to real European political parties - not groups composed of national parties -. Politicians that one can describe as European "leftists" or European "rightists".  Alain explained that "when asked if talking about leftist and rightist political parties, leftist and rightist individuals, still makes sense, my first thought is that the one asking the question is surely not a leftist".


What would be a European Left and a European Right? It might be easier to talk about Federalists and Sovereignists. After all, this is only a question of choosing words. The opposition between Left and Right takes a different meaning depending upon which country and which year you are looking at. So why not talking about a European Left and a European Right? But then why should we use such concepts that do not have a specific meaning?


Maybe talking about a political Europe will only be possible when the European elections lead to a campaign that begins two years earlier and create a fuss in the media matching what nowadays happens in the United States and France. But then we might need to elect a European President, so that things get a little more personalized.


Unless a political Europe is nothing more than Europe itself. Then we need to wait for the time when, whenever someone talks about Europe, everybody knows what is meant by that. In other words, we need to wait for a Europe clearly defined geographically, a Europe that takes one single seat in each international organization, a Europe that speaks with one single voice on the international scene, a Europe which functions according to a clear and functional Constitution, a Europe that converges with the European Union into a single body.


Can we build Europe?


 

Publié par floe26 à 19:30:41 dans Opinions | Commentaires (0) |

L'€uro, je t'aime, moi non plus | 19 novembre 2006



Certains le désirent mais n'arrivent pas à l'approcher. D'autres partagent avec lui une relation plutôt intime mais aiment à le critiquer. Pendant ce temps, lui continue son petit bonhomme de chemin, séduisant au-delà des frontières européennes les amants éconduits du dollar.

Les Slovènes, après bien des efforts, se réjouissent de le rencontrer mais les valeureux Lituaniens lui reprochent encore son intransigeance. Les hommes politiques français le trouvent trop fort et devant le jury populaire, l'accuse de tous les maux. Le gouvernement polonais, timide et indécis, évite la confrontation et se réfugie derrière le temps et l'opinion publique. Les Allemands se montrent conciliants dans la vie commune, tandis que les Espagnols lui sont jusqu'alors plutôt reconnaissants.

A dire vrai, la vie de l'Euro ressemble à celle d'une icône populaire, enviée par tous, admirée par beaucoup mais jalousement méprisée par les plus bruyants.



Living with the Euro

Some feel attracted but cannot manage to get closer. Others share with him an intimate relationship but still happen to criticize him from time to time. All that time, he keeps going his way, seducing beyond European borders turned away lovers of the dollar.

Slovenians, after much effort, are looking forward meeting him. Brave Lithuanians reproach him for his intransigence. French politicians find him too strong and held him responsible for anything and everything. Polish Government, shy and uncertain, avoids confrontation and hides behind the clock. Germans prove to be understanding, whereas Spaniards feel grateful.

When you think about it, Euro's life looks like one of a popular icon, envied by all, admired by many but jealously disregarded by the noisy ones.

Publié par floe26 à 18:19:01 dans Opinions | Commentaires (2) |

La "capacité d'absorption de l'UE" : un concept facile et trompeur | 11 novembre 2006



Depuis quelques mois, il n'est quasiment pas d'articles portant sur l'élargissement de l'UE qui n'évoque "la capacité d'absorption" de l'UE. Dans la majorité des cas, le recours à ce concept vise à expliquer que l'UE sera bientôt incapable d'accueillir de nouveaux membres. Visée : la Turquie.

Cette notion de "capacité d'absorption de l'UE" pose problème car elle est floue. Pour certains, c'est au contraire un avantage. Très flexible, l'idée d'une capacité d'absorption est utilisée par chacun selon ses propres convictions : souvent elle ferme la porte à la Turquie ou à ses voisins à l'Est, parfois elle critique l'élargissement à 25 puis 27. De fait, elle n'est jamais définie.

L'expression "capacité d'absorption de l'UE" est vide de sens car trop générale. Il faudrait parler de la capacité d'absorption des institutions actuelles. La notion de capacité d'absorption est en effet nécessairement contingente, temporaire, liée aux structures en place.

Il est légitime de considérer que les institutions actuelles ne permettent pas un élargissement fonctionnel. La Commission symbolise cet obstacle, car elle ne peut fonctionner efficacement à 27, encore moins à 28 ou plus.

Mais les institutions ne sont pas intangibles et l'UE ne se définit pas par un cadre permanent mais au contraire, par une vocation à l'adaptation de ses structures à l'évolution du nombre de ses membres. Les institutions actuelles peuvent - et doivent - être modifiées afin d'accueillir de nouveaux Etats-membres tout en préservant leur efficacité et leur fonctionnalité.

L'expression "capacité d'absorption de l'UE" est donc trompeuse en ceci qu'elle laisse accroire que cette "capacité d'absorption" serait permanente, inhérente à la nature même de l'UE. La capacité d'absorption de l'UE est en réalité infinie, pouvant s'élargir à mesure que les institutions s'adaptent.

Ne nous cachons donc pas derrière des concepts techniques fumeux mais admettons que la question de l'élargissement est belle et bien de nature politique, voire même philosophique.



"Absorption capacity": a tricky idea

For the last few months, no article about EU enlargement has failed to mention the "absorption capacity of the EU". In most cases, the idea is being used for explaining that the EU will soon be unable to welcome any new members. What is the target here? Turkey.

The notion of "EU absorption capacity" raises question because nobody is clear about what it means. Many see that as an advantage. Very flexible, the idea of "absorption capacity" is used depending on what the writer thinks: often it closes the door to Turkey or its Eastern neighbours, sometimes it criticizes the enlargement of 2004 and/or 2007. But "absorption capacity" is never defined.

In fact, it does not mean anything because it is too general. One should rather talk about the absorption capacity of current EU institutions. The notion of "absorption capacity" is indeed always contingent, temporary and defined by the structures in place.

It is legitimate to think that current EU institutions cannot effectively survive further enlargement. The Commission embodies such difficulties: it cannot work efficiently with 27 Commissioners. Of course, 28 Commissioners or more would not help.

But the EU institutions are not intangible. The EU does not function within a permanent body. On the contrary, its structures are constantly adapted to political evolutions, and specifically to the quantity of member States. And now, current institutions should be modified in order to welcome new members while staying efficient.

Therefore talking about "EU absorption capacity" is tricky because it makes you think that this absorption capacity is permanent, inherent in the EU very nature. The EU absorption capacity is in fact infinite since it can grow as the institutions are constantly adapted to that growth.

So let's not hide behind woolly technical concepts and let's admit that EU enlargement is first and foremost a matter of politics, or maybe even a question of philosophy.


Publié par floe26 à 21:54:19 dans Opinions | Commentaires (2) |

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